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Des “bonds” dans la nature
et dans l’histoire
« Chez nous, et d’ailleurs pas seulement chez nous, dit
M. Tikhomirov, s’est profondément enracinée l’idée que nous
vivons dans une « période de destruction » qui, croit-on,
finira par un terrible bouleversement, avec des torrents de
sang, dans les détonations de la dynamite, et ainsi de suite.
Après quoi — suppose-t-on — va s’ouvrir une « période de
construction ». Cette conception sociale est totalement erro-
née et n’est, comme on l’a déjà fait remarquer, que le reflet
politique des vieilles idées de Cuvier et de celles de l’école
des brusques catastrophes géologiques. Mais, dans la réa-
lité, la destruction et la construction vont de pair, elles sont
même inconcevables l’une sans l’autre. Qu’un phénomène
aille vers sa destruction, cela tient, à vrai dire, au fait qu’en
lui-même, à sa place, quelque chose de nouveau se consti-
tue, et, inversement, la formation d’un nouvel ordre de
choses n’est rien d’autre que la destruction de l’ancien » (*).
Ces paroles ne donnent pas une conception très nette ;
en tout cas, on peut en dégager deux thèses :
1° « Chez nous, et d’ailleurs pas seulement chez nous »,
les révolutionnaires n’ont aucune idée de l’évolution, de la
graduelle « transformation du type des phénomènes », se-
lon l’expression employée ailleurs par M. Tikhomirov ;
(°) Pourquoi j'ai cessé d’être révolutionnaire, p. 19.