Contents: L' arbitrage international chez les Hellenes

A. RÆDER 
réalité la profonde antithèse des deux tendances politiques, et cette 
divergence était inconciliable et ne pouvait par conséquent être 
terminée par aucune sentence arbitrale. Il faut ajouter à cela qu’il 
n’y avait aucun état ou aucune institution grec d’un rang et d’une 
considération suffisante, qui se trouvât assez en dehors pour jouer 
le rôle de tiers impartial. Tous les Etats grecs étaient groupés au 
tour de l’un ou l’autre des deux Etats directeurs d’hégémonie, tous 
étaient parties dans le drame qui devait se jouer à l’intérieur de 
chaque ville comme à l’intérieur du système d’Etat grec. En d’autres 
termes, il n’y avait aucun arbitre utilisable en cette occasion. Il ne 
faut pas oublier ceci si on veut prononcer un jugement équitable sur 
ce qui pourrait paraître un manque de respect pour une convention 
internationale témoigné en 431 par les Spartiates et en 413 par les 
Athéniens. 
Le traité de paix et d’alliance conclu en 418 n’eut pas un meilleur 
sort et pour les mêmes raisons. Aussi longtemps que l’antithèse 
inconciliable subsiste entre Sparte et Athènes, il est dans la nature 
des choses que ces deux puissances cherchent à se fortifier le plus 
possible par des alliances; c’était dans une certaine mesure une 
question de vie ou de mort pour elles deux de chercher à être la 
plus forte possible le grand jour du règlement final. 
La conséquence de ceci fut que toutes deux cherchèrent à se 
concilier les villes qui se trouvaient en dehors de leurs Etats respec 
tifs et de leurs ligues. Nous voyons aussi que ces villes sont tantôt 
à l’une, tantôt à l’autre des parties. Le tout d’après la direction 
prise par la marche des choses, soit dans les villes directrices, soit à 
l’intérieur de leurs propres villes ; était-ce l’aristocratie qui la dirigeait, 
elle concluait une alliance avec Sparte ; la démocratie venait-elle 
au contraire au pouvoir, cette alliance était aussitôt rompue en faveur 
d’un rapprochement vers Athènes. C’est pourquoi on ne peut pas 
non plus attendre de grands résultats des clauses d’arbitrage de ces 
traités. Il y avait d’autres forces plus grandes en jeu, qui avec la 
logique implacable de l’évolution menaient à la guerre en dépit de 
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