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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
villes de ces ligues. Les ligues et l’arbitrage établi par elles ont
donc contribué à créer la situation relativement plus pacifique et
mieux organisée que le monde hellénique a connue à cette
époque. Ceci vise particulièrement les deux grandes ligues .
L arbitrage hellénique en vint aussi à jouer un certain rôle dans
la forme d’arbitrage obligatoire à l’intérieur des ligues, et, à l’intérieur
des différentes hégémonies, dans la forme d un arbitrage compromis
soire, qui souvent n’était en réalité qu’un arbitrage obligatoire, tandis
que 1 arbitrage purement compromissoire entre états complètement
souverains rétrograda de plus en plus à la dernière époque pour
plusieurs raisons. Bien entendu ceci est en corrélation avec 1 existence
au sein des ligues, des hégémonies et des systèmes d alliance, d une
autorité centrale qui avait à la fois la volonté et le pouvoir de
veiller à ce que les solutions arbitrales fussent aussi respectées. Dans
ces organisations on peut aussi parler d’une opinion publique avec
beaucoup plus de raison que lorsqu’il s’agit du monde hellénique
tout entier. Les intérêts communs étaient ici bien autrement forts
et contribuèrent à créer une opinion publique puissante que les
quelques petits états ne pouvaient pas facilement braver. On ne
voit pas non plus qu’il ait été nécessaire en règle générale que les
autorités centrales intervinssent les armes à la main pour faire exécuter
les sentences arbitrales ; les parties paraissent s’être inclinées devant
la sentence. Il faut cependant excepter la situation singulière de la
Ligue achéenne par rapport à Sparte.
Le respect de l’arbitrage dans les ligues devait aussi être aug
menté du fait que les ligues recouraient à l’arbitrage quand il
s’agissait de différends entre plusieurs d’entre elles, ou entre une
ligue et un état qui n’en dépendait pas, ou entre deux états apparte
nant à des ligues différentes. C est ainsi que les Achéens acceptèrent
qu’un arbitrage tranchât le différend surgi entre eux et Argos à l’oc
casion de l’attaque d’Argos par Aratos. C’est la même chose que fit
1 Niese, II p. 291.