24
A. RÆDER
Béotiens. » Les Platéens suivirent ce conseil et livrèrent leur ville
à Athènes.
« Quand les Thébains apprirent ceci », continue Hérodote, « ils
envoyèrent une armée contre Platée, et aussitôt les Athéniens en
voyèrent du secours. Au moment de commencer le combat, les Corin
thiens qui étaient présents (comme contingent allié de l’armée de
Cléomène) s’entremirent et lorsque les deux parties leur eurent donné
mission de trancher le différend, ils tracèrent la ligne frontière,
après avoir décidé que les Thébains devraient laisser en paix les
Béotiens qui ne voudraient pas entrer dans la Ligue Béotienne. 1
Les Corinthiens s’éloignèrent après avoir rendu cette décision, mais
les Béotiens attaquèrent les Athéniens pendant leur voyage de retour,
et succombèrent dans la bataille. Alors les Athéniens franchirent les
frontières que les Corinthiens avaient fixées pour Platée et les
reculèrent, entre Thèbes d’une part et Platée et Hisie de l’autre côté,
jusqu’au fleuve Asope.»
Comme on le voit, nous nous trouvons ici en présence d’un essai
de règlement par arbitrage qui échoue. Les Thébains transgressent
sans plus d’hésitation la sentence des arbitres, bien qu’ils aient été
d’accord pour trancher de cette manière le différend. La conséquence
de ce manque de parole des Thébains est que l’autre partie, les
Athéniens, ne se sentent plus liés par la décision rendue, mais dé
terminent eux-mêmes, comme vainqueurs, des frontières favorables à
Platée, en choississant le fleuve Asope comme frontière entre Platée
et Thèbes.
VIL
Différend de CORINTHE & CORCYRE au sujet de LEUCADE
Thémistocle arbitre. Vers l’an 480.
Corinthe et Corcyre qui, à l’origine, était une colonie Corinthienne,
avaient certaines colonies en commun, même après que Corcyre fut
1 Hérodote VI, 108 : ¡iieXXóvxoov bk ouvciTixeiv ¡uá/^v Kopívíhoi où Tiepietòov,
^apanr/óvTsc; be xat xaxaXXáSjavxeç èmxpeifmvxcov âjucpoxépœv oöpioav xfp %(üp^v è?n
xoioibfi, edv ©rjßaiovc; Boicoxcòv xoùç pfy ßouXofievou^ èç Boicnxoùç xeXseiv.