Full text : L' arbitrage international chez les Hellenes

216

A.  RÆDER

sortant  de  la  Ligue  doivent  rendre  leurs  comptes.  C’est  là  que  l’on
décide  de  la  guerre  ou  de  la  paix.  A  côté  des  fonctionnaires  se  trouve
un  conseil  composé  de  personnages  choisis  dans  les  diverses  villes  ;
le  conseil  n’est  pas  permanent,  mais  tient  de  fréquentes  réunions.
Les  anciens  auteurs  qui  ont  décrit  cette  époque,  ne  donnent  malheureusement ­
  aucune  réponse  à  la  question  de  savoir,  comment
étaient  tranchés  les  différends  entre  les  états  qui  étaient  membres  d’une
même  ligue.  On  ne  peut  même  tirer  aucune  conclusion  sur  ce  point
de  Polybe.  Ici  aussi  nous  en  sommes  réduits,  à  ce  que  nous  pouvons ­
  conclure  des  cas  isolés  qui  nous  sont  parvenus.
Il  faut  donc  que  nous  commencions  par  examiner  les  cas  que
nous  connaissons  de  décisions  arbitrales  au  sein  des  ligues.
Dans  la  Ligue  achéenne  nous  connaissons  six  cas  de  ce  genre.
Une  inscription  trouvée  à  Troizène  en  1899  contient  des  fragments
d’une  décision  de  l’assemblée  populaire  de  Troizène,  où  celle-ci  décide ­
  de  faire  trancher  par  l’arbitrage  un  différend  dans  lequel  la
ville  s’était  engagée  avec  une  autre  ville 1 .  Le  différend  portait  sur
un  acte  arbitraire  commis  par  Troizène  contre  des  citoyens  d’une  autre
ville.  L’inscription  contient  le  compromis  conclu  à  l’occasion  de  l’affaire  ;
on  devait  prier  Athènes  d’envoyer  trois  de  ses  citoyens  comme  arbitres.
Les  caractères  employés  font  situer  cette  inscription  au  commencement
du  second  siècle.  A  cette  époque  Troizène  était  membre  de  la  Ligue
achéenne  ;  elle  l’était  devenu  en  243  en  même  temps  que  Corinthe  ;
nous  ne  savons  pas  avec  quelle  ville  existait  le  différend,  on  peut
supposer  que  c’était  Epidaure,  Hermione  ou  Mégare.  Toutes  cellesci
  étaient  membres  de  la  Ligue  achéenne  à  l’époque  à  laquelle  nous
renvoie  l’inscription.  C’est  pourquoi  nous  sommes  sans  doute  ici
en  présence  d’un  cas  où  il  s’agit  d’un  différend  entre  villes  appartenant ­
  toutes  deux  à  la  Ligue  achéenne.  La  Ligue  elle-même  n’est
pas  mentionnée  dans  la  partie  de  l’inscription  qui  est  venue  jusqu’à
nous  ;  mais  dans  le  début  qui  manque,  il  est  peut-être  dit  que

1  n°  XLVII.
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.