Full text: L'évolution industrielle de la Belgique

LA DÉCADENCE DU MÉTIER 
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une idée inexacte de la réalité. C’est à cette faire preuve 
que seront consacrées les pages suivantes. 
Tout d’abord les deux recensements de 1846 et de 1896 
sont séparés par une période de 50 ans. Il est bien possible 
que dans certaines industries le nombre des artisans 
ait crû jusqu'à une certaine année et que depuis lors 
il y ait diminué. Le chiffre de 1896 peut donc être 
supérieur à celui de 1846, bien qu’une diminution s’y 
soit produite depuis 1890, par exemple. C’est le cas 
dans l’industrie sabotière qui semble à première vue, 
suivre un mouvement ascendant. (Le nombre de sabo 
tiers (maîtres) s’est accru de 154 °/ 0 ). 
Mais eu réalité, les sabotiers travaillant isolément 
pour leur compte ou pour le compte d’un patron de 
viennent de plus en plus rares. Cette industrie, qui 
en 1846 était encore dans son enfance, se développa 
pendant longtemps, mais plus tard elle dut subir le 
sort des autres métiers. Elle traverse depuis des an 
nées une crise profonde ; partout on compte de nom 
breuses désertions (1). 
L’insuffisance de la statistique pour constater la dé 
cadence du métier résulte encore d’autres causes que 
celles citées pour l’industrie sabotière. Dans de nom 
breuses professions l’artisan, dépossédé par la fabrique 
malgré son infériorité, malgré l’impossibilité de la 
concurrence reste encore pendant un certain temps 
fidèle à son métier. 
(I) Louis Bannkux : L’industrie sabotière dans la province de Luxem 
bourg, 1. c. p. 13 et 19.
	        
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