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A. RÆDER
arbitrage le désaccord survenu entre cette puissance et Thèbes \ et
ils proposent sans doute de fonctionner comme juges, si on le désire.
Un peu plus tard nous voyons Athènes poussant Thasos et Maronie
à terminer leur différend par l’arbitrage 2 . C’est donc justement que
le rhéteur Aristide 3 , au II e siècle après J. C., rend hommage aux
Athéniens, pour avoir cherché à accoutumer les Etats de l’Hellade
à ne pas se ruer à la guerre, mais au contraire à adopter la voie
des solutions pacifiques.
Il est très vraisemblable qu’Athènes fut utilisée comme arbitre
d’une manière très fréquente, mais nous savons fort peu de chose
sur cela. Ce fut sans doute Athènes qui au IV e siècle fonctionna
comme arbitre entre Maronée et Thasos, et vers l’an 200 ce furent
trois hommes désignés par Athènes qui fonctionnèrent comme arbitres
dans le différend qui séparait Troizène et une ville voisine 4 . Ce ne fut
pas un cas unique, car Athènes plusieurs fois déjà auparavant avait
été requise de fonctionner comme arbitre ; on peut le conclure d’un
passage où Xénophon 5 fait dire à Socrate, que les autres Hel
lènes s’en remettaient très fréquemment aux Athéniens pour faire
trancher leurs différends. La légende racontait bien que les Messé-
niens, déjà au VIII e siècle, avaient proposé un arbitrage à Sparte avec
l’Aréopage comme juge.
Si l’on compare à ceci la situation de Sparte, l’impression est
tout autre. Sparte n’est que deux fois partie dans une affaire arbi
trale ; c’est dans les différends de frontières à peu près simultanés
qu elle eut avec Mégalopolis 6 et avec Messène'. Ces deux affaires
furent jugées en 338 par le tribunal hellénique général établi par
Philippe de Macédoine. On ne prend sans doute pas une liberté
excessive avec la vérité, quand on admet que les Spartiates ne durent
guère accéder de leur plein gré à cette sorte de règlement ; et il
dut être exercé une forte pression. Comme on l’a vu, ces différends
1 n° XVI. — 2 n° XXV. — 3 Panathen. I, 158 ed. Jebb : Xôycp xpivEO&cu nep'i
Tcov biatpopcàv. — 4 n° XLVII — 5 Memor. III, 5, 12 : xo.Woî ûxèp bixaicov áv-nÀeyóvTeç
WtpETTOY èxEtvori;. — ° n° XXVII. — 7 n° XXVIII.