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AVANT-PROPOS
vent, sans profession déterminée, ou munis de quelque vague
diplôme, se flattent de trouver dans nos colonies des situations
magnifiques, nous ne pouvons mieux faire que de reproduire
les réponses (1), malheureusement peu encourageantes, faites
par les gouverneurs de colonies à une circulaire adressée par
le « Comité Dupleix » demandant entre autres renseignements
s’il ne serait pas possible à certaines colonies de recevoir les
artisans et ouvriers agricoles de centres atteints d’une crise
économique.
« Le gouverneur général de l'Algérie fait remarquer, tout
d’abord, que les entrepreneurs, chargés des ouvrages en cours
d’exécution, n’ont pas eu besoin, jusqu’à présent, de recourir
à la main-d’œuvre étrangère à la colonie. Il ajoute que 175 mil
lions de travaux sont à prévoir, mais qu’ils ne seront com
mencés que vers la fin de 1908.
« Le préfet de Constantine déclare que tous les chantiers
ouverts sur son département possèdent tous les ouvriers d’art
(fer, bois, pierre) nécessaires. » — Le préfet d’Oran conseille
surtout aux ouvriers français « de ne venir en Algérie qu’au-
tant qu’ils seront assurés d’y trouver des moyens d’existence. »
Réponse du gouvernement général de l’Afrique occidentale
en ce qui touche le Dahomey : « La main-d'œuvre indigène
suffit ici aux besoins des services publics et des rares entre
prises privées. Onpourraits’adresser cependant à la Compagnie
du chemin de fer au Dahomey, qui a son siège social à Mar
seille, et qui, seule, paraît susceptible d’utiliser quelques
ouvriers européens. »
Du Congo, le Comité Dupleix a reçu simplement la liste et
l’adresse à Paris des principales sociétés et compagnies con
cessionnaires établies dans les possessions du Congo français.
En ce qui touche le Gabon, le lieutenant gouverneur fait
connaître « qu’en raison du climat, il ne serait pas possible aux
ouvriers en question, à quelque branche d’industrie qu’ils
appartiennent, devenir exercer leur métier au Gabon, colonie
purement d’exploitation ». D’autre part, les ouvriers ne doi
vent pas songer davantage à s’établir pour leur compte, car
(1) Réponses qui ont été publiées par la France de demain et plusieurs
journaux coloniaux.