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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
50 kilos. Cette boule est formée de ce que l’on appelle la
borracha fina (1) plus connue sous le nom de fine para ;
chaque boule est nécessairement marquée au feu de l'ini
tiale ou de la marque du propriétaire. Telle est la tâche
journalière du seringueiro durant la safra ou récolte ; la
durée de la safra est limitée par les inondations qui
succèdent aux crues de la saison des pluies et les heveas
croissent de préférence dans les terrains inondés ou maré
cageux qui occasionnent alors les fièvres tierces et palu
déennes.
La orco-shiringa peut se travailler toute l’année
ainsi que les lianes et arbustes qui y vivent généralement,
mais il faut toujours tenir compte que l’arbre s’épuise si
l’on veut augmenter sa production.
Les propriétaires d’estradas, qui connaissent la valeur
des arbres, recouvrent l’incision de terre glaise l’extrac
tion une fois terminée, mais ces seringueiros soigneux sont
peu nombreux. II est très important de savoir calculer le
nombre d’incisions à faire à un arbre, car si on dépasse
ce nombre, l’arbre meurt ou reste longtemps sans pro
duire.
Il convient de faire remarquer que l’exploitation bar
bare qui consiste à abattre les arbres pour en extraire tout
le suc gommeux a été trop souvent pratiquée au Pérou. Il
en est résulté que les plantes produisant le précieux suc
sont devenues assez rares dans le voisinage des côtes et
des lieux habités et que les collecteurs de caoutchouc sont
obligés aujourd’hui d’aller le chercher beaucoup plus loin.
C’est pour cela que, dans les nouvelles concessions de
terrains à caoutchouc, le gouvernement impose l’obliga-
(I) lous les débris de latex coagulés sur les arbres, sur les tejelinas,
balde et bassine sont soigneusement recueillis par les seringueiros, car
ils constituent une qualité inférieure de caoutchouc nommée sernamby.