160 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
que ne fournit pas un écheveau de fil de laine et elle
en écoule pour 42.073.438 francs. (1).
L’industrie belge qui jadis trouvait sa matière pre
mière dans ses bois et dans ses champs repose d ; plus
en plus sur les produits du sol étranger. « Nous n’avons
presque plus rien à tirer de notre sol, dit M. Morisseaux,
mais le vieux fonds, toujours amélioré, des aptitudes
nous reste ; nous allons vendre — si j’ose m’exprimer
ainsi — de la mise en œuvre et si dominante sera
cette tendance que nous ne saurons pas exporter de la
matière brute sans lui appliquer une façon « (2).
Après avoir caractérisé les changements généraux de
l'industrie belge dans ses rapports avec la vie écono
mique du pays, voyons quelle était sa structure jadis
et aujourd’hui. La I’elgique en 1846, était un pays
de petite industrie. Quoique quelques grandes fabri
ques existassent déjà, comme celle de Cockerill qui,
en 1836, occupait 2000 à 2200 ouvriers (3), le métier
était encore tiès important comme forme de produc
tion.
D’après le recensement de 1846, le nombre d’artisans
(patrons) était de 92.083 (4). Ce nombre se repartit de
la manière suivante :
(1) Ch. Morisseaux. Le développement industriel de la Belgique. (La
Nation Belge, 1830-1905, p 162).
(2) Ib.
(3) Bbiavoinne. De l’industrie, 1. c. v. I, p. 300.
(t) Rec. ind. 1846, p. XII.