252 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
finesse de production, la machine égale le travail à la
main. L’enquête sur les industries à domicile en a
donné une preuve suffisante. Pour n’en citer qu’un seul
exemple, un fabricant belge de dentelles à la main,
après avoir vu à l’exposition de 1900 les imitations de
St-Gall, les qualifiait d’admirables (1 ). (Voir p. 276).
Le métier d’art a existé dans les siècles passés quand
les goûts étaient plus stables ; aujourd’hui, on ne le
retrouve que dans la fantaisie de ceux qui ne connais
sent pas la situation réelle.
Quant au forgeron d’art, par exemple, le souci de
l’art lui fait généralement défaut (2). « Ne demandez
pas à l’artisan ferronnier de construire une pièce de
style, n’attendez pas même de lui une bonne combi
naison d’ensemble... » (3). Les vitriers d’art ne sont en
général ni artistes ni bon praticiens (4).
Les petits patrons dans Yindustrie du meuble de Mali-
nes manquent pour la plupart de toute notion de
dessin et ne possèdent qu’une idée vague de l’histoire
de l’art. La connaissance insuffisante de leur métier
et des styles à interpréter conduit à la confection de
ces horreurs connues sous le nom de meubles en
chêne sculpté de Malines (5).
Parmi les propositions des défenseurs de la petite
bourgeoisie (je les appelle ainsi ; en réalité ils sont
(1) Office du travail. Ind. à dom. v. IV, p. 275.
(2) Com. Nationale de la Petite Bourgeoise. Enquête écrite v. III, p. 10.
(3) Ib. p. 14.
(4) Ib. p. 48.
(5) Office du travail. Industries à domicile, v. VIII, p. 9.