LA BELGIQUE INDUSTRIELLE
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qu’il achetait lui même ; il vendait ensuite ses produits
manufacturés au marchand de son choix.
La plupart des ouvriers ne travaillaient que cinq ou
six mois de l’année, en automne et en hiver, quand les
travaux des champs leur en laissaient le loisir : quel
ques-uns cependant s’adonnaient exclusivement à cette
industrie (1).
L'industrie armurière avait, déjà dans la seconde
moitié du XVII e siècle, perdu son caractère corporatif
et s'était disséminée dans les campagnes avoisinant la
ville de Liège. Vers 1789, l’organisation industrielle
de l’armurerie ne différait plus sensiblement de ce
qu’elle est aujourd’hui. A cette époque, on trouve de
nombreux ouvriers dans le comté de Dalhem et notam
ment à Housse et Cheratte, qui fournissaient aux fa
bricants et aux négociants de la ville de Liège des
platines pour les fusils et les pistolets. On constate
aussi l’existence d’un nouvel intermédiaire : le fabri
cant de canons de la Vesdre (2).
C’était dans les régions forestières, près des cours
d’eau qu’étaient établis les hauts-fourneaux et les
forges. Le nombre d’ouvriers que l’on y employait à
la fabrication proprement dite était très restreint.
D’après un recensement opéré en 1764, nous constatons
qu’il s’élevait rarement, pour la fonte, a plus de sept
(1) A. A. Demanet : Recherches historiques sur la seigneurerie
de Fontaine l’Evêqne. Mons 1881, p. 242.
(2) M. Ansiaux : L’industrie armuricre liégeoise. Otf. du trav. Les in
dustries à domicile en Belgique. Bruxelles, 1891), p. 17.