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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
(déjà vers la fin du XVII e siècle) et il faut alors
approfondir les fosses, augmenter la puissance des
moyens d’exhaure, car les eaux, malgré un travail
continu, ne cessent d'augmenter et d'envahir peu a
peu les profondeurs de la terre. Les conduites, con
struites à grands frais, deviennent inutiles ou servent
à peine à démerger quelques parties des veines aban
données : les masses d’eau, auxquelles elles servent de
véhicules, les obstruent de plus en plus. Un instant,
le houilleur, à l'aide de ces énormes engins à pompes
manœuvrés par des quantités de chevaux, a pu croire
qu’il parviendrait à éloigner pour longtemps le dan
ger. Cet espoir est déçu au bout de quelques années.
« Après quatre siècles d'efforts, écrit Gonzales De-
camps, la question vitale de l'industrie houillère se pose
tout entière et plus menaçante que jamais» (1).
Les doléances des charbonniers retentissaient dans
les prétoires, devant les Etats du Hainaut et les con
seils du Gouvernement. Le conseil souverain favorisa
de toutes manières les entrepreneurs d’exhaure. De leur
côté, les Etats patronnaient l'étude des moyens les plus
puisssants pour assécher les houillères. Vers 1728,
des ingénieurs leur proposèrent de faire creuser deux
grandes conduites commençant à la Haine et se diri
geant sur les fosses de Jemappes et de Wasmes. L’ar
penteur J. Q Plon, commissionné par M. Cuvelier,
audiencier de l’Empereur pour chercher les moyens
(1) Gonzales Decamps : Mémoire historique sur l’origine et les
développements de l’industrie houillère dans le bassin du couchant
de Mons, t. II, suite, p. 7 et 8.