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ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
la campagne travaille en Flandre pour son propre usage
et consommation et ce que plusieurs familles travaillent
également dans les villes » (1).
Disons aussi qu’une grande partie de la population se
composait, notamment dans les villes, de gens tout-à-fait
pauvres, (voir sur le paupérisme, chap. III), qui étaient
dans l’impossibilité d’aclieter les produits de l’industrie
textile.
Si nous tenons compte de ces faits, nous comprenons
que malgré l’accroissement très considérable de la po
pulation, la demande des produits de l’industrie textile
n’ait pas été bien grande sur le marché.
L’industrie textile aurait gardé encore pendant long
temps son ancien caractère, si un évènement d’ordre
politique n’en avait accéléré l’évolution. Par la réunion
de la Belgique à la France, un marché de 46 millions
d'habitants, protégé contre la concurrence étrangère,
notamment anglaise, par le blocus continental, fut ouvert
aux produits de l’industrie belge. Les conséquences s’en
firent bientôt sentir. « En effet, lisons-nous dans un
rapport sur la situation commerciale et industrielle du
Luxembourg, pendant la réunion au vaste empire fran
çais, l’aisance et l’activité se faisaient remarquer dans
les lieux où régnent maintenant la gêne et l’inertie.
Les nombreux troupeaux d’Ardenne, seule richesse de
nos cultivateurs, trouvaient une foule d’acheteurs et
n’avaient qu’à paraître sur les marchés pour être aussitôt
enlevés ; les laines, les draps, servant à l'habillement des
(8)Ib. p. 12.