70 EVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA RELGIQIJÈ
la révolution française, furent repris. Les arsenaux et
les chantiers maritimes de la France réclamaient les
fers et les fontes belges. Quoique la plupart des éta
blissements sidérurgiques eussent été détruits ou fermés
pendant la guerre, même ceux qui subsistaient ne trou
vaient qu’avec peine à s’alimenter de charbon de bois.
Le gouvernement français faisait les plus louables efforts
pour vaincre ces difficultés, mais en vain (I).
Le déboisement continuait et les forêts ne suffisaient
plus à la consommation des usines. « La crise depuis
si longtemps prévue, nous dit Franquoy, s’était enfin
manifestée ; la sidérurgie allait disparaître du pays de
Liège si le problème complexe de l'emploi de la houille
dans les hauts-fourneaux ne recevait pas immédiate
ment une solution complète » (2).
Et nous voyons que sous cette menace, de même
qu’avant l’introduction delà Newcomen dans les houillères,
tous les efforts s’unissent pour sauver l’industrie.
Le gouvernement français préconisa les méthodes nou
velles ; il ne permit la création d’usines métallurgiques
qu’en imposant aux maîtres de forges la condition expres
se de faire au moins l’essai de ces méthodes dans leurs
établissements. Les industriels de leur côté ne restè
rent pas inactifs. A Clabecq près de Tubize, et à
Boreignes, leurs essais furent même couronnés de quel
que succès. La Société d’Emulation de Liège no faillit
pas en cette occasion à la mission qu’elle s’était assignée.
(1) Franquoy. 1. c. p. 359.
(2) Ib.