LE PÉROU ÉCONOMIQUE
351
L’admiration qu’ils ont pour nous n’est nullement
feinte. Nous leur avons souvent entendu dire et répéter
hautement, que pour eux la France représentait la « Gabeza
del Mundo » (1), que Paris en constituait « El Cerebro (2)»
et que notre pays, enfin, était leur « Secunda Patria. »
Au point de vue des intérêts matériels ils ont également
droit, de notre part, à une attention toute particulière.
Combien nombreux sont les richissimes propriétaires
d’haciendas, qui viennent se fixer en France et y dépenser
largement des revenus considérables. La société pari
sienne les connaît et leurs femmes, qui en font l’ornement
gracieux, savent porter avec distinction tout ce que le luxe
et le bon goût parisien peut inventer pour faire ressortir
leur beauté et leur élégance.
Le commerce de Paris ne peut que désirer conserver
une si précieuse clientèle.
L’importance économique des Etats de la côte du Paci
fique Sud n’ayant fait qu’augmenter ces dernières années,
il suffirait à nos exportateurs d’un peu d’activité et de
ténacité pour faire reprendre une forte impulsion à notre
expansion commerciale dans ces pays. Tant pis pour ceux
qui ne voudront pas profiter de la situation actuelle pour
prendre ou consolider leurs positions, en prévision d’une
recrudescence du mouvement des échanges que fera naître
pour quelques parties de l’Amérique méridionale l’achè
vement du canal interocéanique.
III. —Les causes de l’effacement actuel de la France
dans ces pays cependant si bien disposés pour nous, sont
les mêmes qui, sur tous les marchés du monde, amènent
le recul des produits français devant les marchandises
allemandes, anglaises et américaines : l’ignorance des
(1) La tête du monde.
(2) Le cerveau.