LES QUESTIONS FONDAMENTALES DU MARXISME I
l’histoire spirituelle de humanité par l’évolution des rap-
ports sociaux au sein de celle-ci (entre autres, sous l’in-
fluence de la nature ambiante). »
Un travail opiniâtre pour créer le parti révolutionnaire
du prolétariat, la nécessité d’appliquer une méthode nou-
velle à l’étude des problèmes concrels de l’actualité russe, à
l’exploration des « destinées du capitalisme en Russie »,
tout cela, en même temps qu’une activité pratique intense,
n’empéchait pas Plékhanov de travailler à « Pétude dé-
taillée > des questions fondamentales du marxisme, en se
concentrant de plus en plus sur Phistoire de la philoso-
phie, de la civilisation et de l’art. En même temps qu’il
effectuait ce travail spécial, consacré à développer les con-
ceptions de Marx et d’Engels, Plékhanov continuait à dé-
fendre celles-ci contre les différents représentants du revi-
sionnisme russe et international, ce revisionnisme qui
entreprend chaque fois de « compléter », ou de « corriger »,
ou de « remplacer » certains principes du marxisme par
de vieux « dogmes » bourgeois depuis longtemps surannés.
Cet ouvrage de Plékhanov est consacré principalement
au‘côté philosophique et historique du socialisme scienti-
fique. Pour Plékhanov, le marxisme est toute une concep-
tion du monde, une et indivisible, pénétrée de l’unité d’une
idée fondamentale. Plékhanov proteste contre les nouvelles
tentatives, entreprises par Bogdanov, Lounatcharsky, Baza-
rov, Fritsche, de séparer les côtés historique et économique
de cette conception du monde d’avec le fondeinent philoso-
phique sur lequel elle s’appuie. Il proteste contre tous ces
essais d’ « asseoir le marxisme » sur des bases nouvelles, en
l’accouplant à telle ou telle philosophie, comme le néo-
kantisme, le machisme, l’empiriocriticisme, etc, essais
entrepris le plus souvent sous l’influence de courants phi-
losophiques à la mode, à un moment donné, parmi les
idéologues de la bourgeoisie.
De l’avis de Plékhanov, émis par lui pour la première
fois lors d'une polémique contre Bernstein, le matéria-
lisme de Marx et d’Engels est fondé sur le spinozisme
débarrassé par Feuerbach des éléments théologiques qui
Pencombraient. De même que Feuerbach, les fondateurs
du socialisme scientifique reconnaissent qu’il ÿ a unité,
mais non identité entre le « penser » et l” « être ». Les
rectifications apportées par Marx à la philosophie de Feuer-
bach consistent principalement en ce que les rapports d’ac-
tion et de réaction réciproques entre l’objet et le sujet sont