L'ENSEIGNEMENT POUR CHOMEURS
donné le mérite bien facile de mettre cette loi belge en vigueur. Les
enfants en âge d’école seraient donc sauvés de l'ignorance. Mais les
autres, ceux qui étaient déjà engagés dans l’industrie et les métiers,
seraient privés de tout apprentissage régulier. Etait-il rien de plus
rationnel que de les instruire, pour les équiper et les armer pour
les luttes futures de la vie économique ?
Le projet était certain de réussir, du moment que le Comité National
pouvait y consacrer des ressources importantes et l’on assurait que,
grâce notamment à M. Solvay, il en serait ainsi. ‘
Les Comités provinciaux furent donc invités à se renseigner auprès
des communes en leur demandant si elles seraient disposées à soutenir
le projet et en les priant, dans l’affirmative, d’indiquer le genre de
cours et d'enseignement qu’il convenait d’instituer.
Dans un rapport que nous présentions au Comité d’arrondissement
de Liége, le 24 juillet 1915, nous résumions de la façon suivante l’accueil
qui fut fait aux premières suggestions du Comité National :
«La plupart des réponses qui nous viennent des communes de
notre arrondissement montrent que l’on est disposé à faire de sérieux
efforts pour répondre au désir du Comité National.
«Peu nombreuses sont les communes qui ont pu, de leur propre
initiative, organiser un enseignement ‘ destiné spécialement aux
chômeurs. Mais le plus grand nombre comprennent qu’il était déplorable
de laisser échapper l’occasion qui nous est offerte de contribuer
au perfectionnement intellectuel et technique de notre classe laborieuse.
Il s’agit en somme d’augmenter son capital le plus précieux,
celui que constitue la main-d’œuvre nationale, menacé par les circonstances
actuelles d’une dégradation peut être aussi grave que celle
du capital matériel ».
Et de la consultation qui venait d’avoir lieu, nous dégagions les
principes suivants :
«Il est clair tout d’abord qu’un enseignement technique spécial
n’est possible que dans les centres urbains.
Mais dans beaucoup de localités, même rurales, on peut envisager
l’ouverture ou la réouverture d’écoles d’adultes. Les projets les plus
complets nous montrent qu’on devrait graduer l’instruction de façon
à l’adapter aux connaissances déjà acquises.
HU doit y avoir des classes pour ceux, trop nombreux encore qui ne
savent ni lire ni écrire ; d’autres pour ceux qui n’ont qu’une instruction
primaire incomplète ; d’autres enfin, pour les personnes ayant
le certificat d’études primaires.
Quant à l’enseignement technique proprement dit, on semble
d'accord pour y distinguer deux catégories d’études. Les unes sont
95