PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
CHAPITRE ITI
LA DIVISION DU TRAVAIL
Historique de la division du travail.
Si le travail qu’il s’agit d’exécuter est absolument simple
(défoncer la terre, soulever un poids, ramer, couper du bois),
ce travail ne se prête pas à une division quelconque : chacun
exécutera de son côté les mêmes mouvements. C’est ce qu’on
pourrait appeler la coopération simple.
Mais pour peu que l'opération soit complexe et comprenne
des mouvements variés, il y a tout avantage à décomposer ce
travail qui, considéré dans son ensemble, apparaissait comme
une simple tâche. C’est ce qu’on appelle la division du travail
et qu’on pourrait appeler la coopération engrenée.
C’est par un exposé de la division du travail que s'ouvre le
livre classique d’Adam Smith. Par là ce grand esprit montrait
toute l’importance qu’il fallait attribuer à ce fait (1) et, depuis
lui, on a vu dans ce fait une loi dont la portée, non seule-
ment au point de vue économique mais social, moral et même
philosophique, n’a fait que grandir. Elle déborde infini-
ment les limites de l’atelier où Adam Smith l’avait d’abord
admirée.
(1) La division du travail professionnel, et son utilité sociale, avait été
cependant signalée dès l'antiquité. Dans sa République Platon fait dire à
Socrate : « Les choses se font mieux et plus aisément lorsque chacun fait celle
pour laquelle il est propre et qu’il est dégagé de tout autre soin ». Et l’apo-
logue célèbre de Ménénius Agrippa, aux plébéiens en révolte, dit de même.
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