Full text: Principes d'économie politique

22: PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE 
charge de vendre pour le mieux. Parfois même le cartel se 
charge de fournir à ses membres la matière première 
employée dans leur fabrication. Par là, le cartel devient une 
sorte d'association coopérative de production. 
C’est en Allemagne que les cartels ont pris le plus grand 
développement, spécialement dans les mines de charbon, et 
aussi dans certaines industries semi-agricoles, lalcool, le 
sucre, Il y en avait plus de 500. Ces cartels ont rendu à l’Alle- 
magne, au cours de la guerre, les plus grands services ; c’est 
grâce à leur organisation que la mobilisation industrielle a 
pu s’effectuer sans perturbation, que l’État a pu trouver les 
approvisionnements nécessaires et que les prix ont pu être 
maintenus à un niveau généralement inférieur à celui des 
autres pays belligérants malgré le blocus. 
Avec le trust (1), plus spécial aux États-Unis, nous entrons 
plus avant dans la voie de la concentration. L’entente devient 
fusion. Au reste, les trusts, tout comme les cartels, ont pris 
des formes très diverses, parce que, comme nous le verrons, 
ils étaient traqués par les lois américaines et obligés de fuir 
d’un asile à un autre. On peut indiquer trois formes qui se 
sont succédées : 
1° La première ne différait guère du cartel: c’était une 
entente entre grands industriels ou grandes Compagnies à 
l’effet de régler les prix. Mais ces ententes, désignées plutôt 
sous le nom de pools, se trouvèrent frappées à partir de 1890 
par la loi de Sherman Act, qui interdit « tout contrat, toute 
combinaison, en forme de trust ou autrement, toute conspi- 
ration en vue de restreindre le commerce ou de le mono- 
poliser ». 
2° On passa alors au système dit de la consolidation, par 
lequel toutes les entreprises associées abandonnaient leur 
autonomie pour se fondre en une seule. À cet effet, on fixait 
la valeur de chaque usine et cette valeur était payée à son 
(1) Le mot trust est un très vieux mot de la langue so qui veut dire 
confiance. Les représentants des fondations philanthropiques portent le nom de 
trustees, à peu près comme qui dirait fidéi-commissaires. De même pour les 
directeurs des trusts : on leur confie les intérêts de tous. 
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