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des frais. Il fait partie des «valeurs » dont la société doit faire l'avance, pour
qu’il soit possible de faire pousser la récolte. De ce point de vue, il rentre dans la
catégorie des frais techniques, comme le coût des semences, engrais, etc. Il est
essentiel. Les loyers, les impôts ou l’intérêt ne le sont pas dans la même mesure.
Le fait que le loyer d’un champ n’a pas été payé, que le percepteur n’a pas touché
un impôt ou que le fermier a fait faillite, n’empêchera pas le blé de pousser. Mais,
d’autre part, il est incontestable que, dans des conditions normales, le salaire
payé à la main-d’œuvre est également un revenu. La conception la plus large et
peut-être la plus scientifique du rendement nel consiste à grouper tous les facteurs
ayant contribué d’une manière quelconque à la production agricole. On trouve
alors, à l’une des extrémités de l’échelle, la collectivité qui fournit les routes, assure
le transport, etc, et à son autre extrémité le travailleur agricole.
A ces deux conceptions du travail (le travail considéré comme un élément
des frais ou comme un revenu) correspondent deux séries de pourcentages: les
pourcentages du coût du travail dans le total des frais et les pourcentages du revenu
du travail dans le revenu total. Quelques pays possèdent uniquement l’une de
ces séries, d’autres possèdent les deux. Etant donné que quelques-uns des grands
pays producteurs ont pour méthode de calculer uniquement la répartition du
revenu (rendement net), il ne nous a pas été possible de limiter notre mémoire
aux pourcentages des frais.
Le Bureau international du Travail s’est efforcé d’indiquer exactement, dans
les limites que lui traçait le cadre du présent rapport, la combinaison d’éléments
adoptée par chaque autorité pour obtenir le coût total ou le revenu total. Le
diagramme ci-joint permettra peut-être de se faire une idée plus claire du grand
nombre de combinaisons qui peuvent se présenter. Nous n'avons malheureuse-
ment pas pu ramener toutes les données à une base unique, et c’est là précisément
la principale difficulté que rencontre l’établissement des comparaisons interna-
tionales.
IV. DÉFINITION DES FRAIS — PRODUITS CONSOMMÉS SUR PLACE
Les différents éléments que nous avons mentionnés ont pour point de départ
la production brute et les frais annuels bruts. Cette affirmation pourrait difficile-
ment être contestée. Par contre, une grave difficulté surgit immédiatement en
relation avec la question de savoir si la production brute et les frais doivent com-
prendre uniquement les produits achetés et vendus par la ferme ! ou s’ils doivent
! La consommation des personnes qui vivent à la ferme est considérée à juste titre
comme faisant partie des produits achetés et vendus. En effet, les produits consommés
de cette manière quittent la ferme et sont aussi perdus pour elle que s’ils étaient vendus sur
le marché. On pourrait excepter de cette règle les produits consommés par les membres de
la famille du fermier qui donnent leur main-d'œuvre à la ferme et considérer que ces produits
font partie de leur rémunération (de même que la pension d’un domestique habitant la ferme
fait partie de son salaire). Toutefois, cette distinction est trop subtile pour être observée en
pratique lorsqu’on établit le compte des frais et, de manière générale, la consommation totale
des personnes habitant la ferme est considérée comme une unité.