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Ajoutons que notre belle Provence, dont la production agri-
cole, favorisée par la nature et la science de nos agriculteurs,
est orientée vers des primeurs et des produits de luxe, souffre
particulièrement de gênes à l’exportation que rien ne justifie.
Mais si nous apportons ainsi aux agriculteurs un appui, dont
nous espérons qu’ils nous savent gré au milieu des erreurs trop
répandues dont ils sont les victimes, nous voudrions que, se
libérant eux aussi des préoceupations immédiates, sortant des
arbres pour mieux voir la forêt, ils cessent d’opprimer, sans
effet utile possible, une grande industrie marseillaise.
L’huilerie voit son activité paralysée, sa vitalité même com-
promise par les entraves apportées à l'exportation de l’un “de
ses produits principaux : le tourteau.
Nous voudrions que, renonçant à l’espoir de réaliser momen-
tanément des prix d’achat avantageux obtenus, grâce à la
misère d’une belle industrie, par la liquidation de stocks dont
le renouvellement ne peut se faire qu’au prix mondial, les
agriculteurs comprennent :
Qu'il est paradoxal de restreindre l’exportation d’un produit
qu’il faut d’abord importer de l'étranger ;
Qu'il est paradoxal de restreindre l’exportation d’un produit
fabriqué dont la matière première sort librement de nos colo-
nies et de France ;
Et qu’il vaut mieux enfin voir l’équilibre des prix interna-
tionaux rétabli par l’abondance et la libre exportation que par
la rareté.
Ajoutons que les discussions et les mésintelligences que les
problèmes de la répartition des licences d’exportation entrai-
nent entre compatriotes ne sont pas le moindre des incon-
vénients d’un régime techniquement erroné, indéfendable du
point de vue général du pays et qui n'a que trop duré pour la
prospérité de notre cité.
Pour d’autres entraves à l’exportation, on invoque, non pour
les justifier, mais pour en défendre le principe, le désir de
maintenir en France des industries dont les produits visés
forment la matière première.
Mentionnons comme exemple les chiffons et déchets métal-
liques et, puisque la question touche plus directement Marseille,
les ferrailles.
Là encore nous ne voyons aucune raison plausible en faveur
du maintien de ces entraves. Nous voulons bien admettre