2 24 LE PE OBLEME DE LA MARINE MARCHANDE.
Le prix de construction des na\'ires a naturellement aug
menté d’une façon sensible dans les chantiers anglais, en
raison même de la cherté plus grande des métaux et des
combustibles. En i8g4, quand les plaques qui forment le
bordé des navires d’acier valaient £ 5,5 sh. la tonne (i32 fr.
5o c. environ), un cargo-steamer revenait à £ G (i5i fr. 5o c.
eimron) la tonne en lourd.
Les plaques coûtant £ 8 (202 fr. environ) la tonne et la
main-d’œuvre s’étant élevée, la tonne du vapeur a monté à
£ g,5 sh. (soit 233 fr. environ).
L’accroissement énorme de la const ruction anglaise en 189g
ne trouve son explication que dans les conditions particuliè
rement favorables faites à la marine marchande par la grande
quantité de fret qu’elle a pu embarquer, soit à cause des de
mandes universelles de houilles, de 1er et d’acier, soit à cause
des répercussions économiijues de la guerre du Transvaal.
Il n’est pas étonnant en effet qu’en présence des besoins
d’un armement devant satisfaire à un immense trafic, les
chantiers anglais aient augmenté, dans les conditions que
nous venons d’indiquer, leur production déjà si considérable.
Particularités. — Durant l’année 1899, des faits impor
tants se sont produits dans le monde maritime anglais.
Les « Thames Iron Works » ont fusionné avec l’ancienne
maison « John Penn and Son » ; l’établissement « John Brown
and G° » de Sheffield, bien connu pour la fabrique des cui
rasses, s’est associé avec les constructeurs « James and
George Thomson » de la Clyde; la Compagnie « Smith’s dry
Docks » s’est associée avec la maison « Edwards and Sons » ;
enfin l’ancienne maison «Robert Stephenson and C° » s’est '
transformée en société anonyme. En même temps, on cons
tatait dans plusieurs compagnies anglaises de navigation,
des augmentations considérables de capitaux ayant pour ob
jet de faciliter leur lutte contre la concurrence étrangère.