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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
expériences d’irrigation artificielle afin d’adapter cer
taines terres à la culture du gossypium. Un bon terrain
comporte 150 pieds par hectare, 66 mètres carrés pour
chaque arbuste.
La grande aire laissée autour de la plante est utilisée
pour la petite culture maraîchère, voire pour le maïs ;
elle profite de l’irrigation sans porter aucun préjudice à
la qualité du coton. Les expériences et les observations
suivies ont démontré que la culture de la plante coton
nière herbacée ne convient pas au Pérou, et que plus
l’arbuste aura de l’air et de l’espace, plus seront abon
dantes les fleurs et les capsules.
Pour les jeunes plantes la floraison commence après six
mois, et si le sol est suffisamment humide, elbs donnent,
comme nous l’avons déjà dit, une première petite récolte
vers la fin de l’année. Dans les plantations de deux et trois
ans, le fruit est cueilli de juillet à septembre; le rende
ment est assez irrégulier, 2 à 3 kilos de coton par arbuste à
partir de la troisième année. Pour qu’il soit tout au moins
rémunérateur, il faut que chaque hectare donne la
moyenne de 500 kilos de fruits, ce qui rapporte de 175 à
180 kilos de coton préparé pour le commerce. Mais il
n’est pas rare que certaines années en donnent le double,
lorsque le sol est de bonne qualité.
L’exploitation cotonnière du Pérou n’a commencé à
prendre corps que vers 1891 ; en 1896 la quantité expor
tée était de près de 5 millions de kilogrammes ; depuis
elle n’a pas cessé de progresser, atteignant cette année
12 millions de kilogrammes.
Malheureusement la culture du coton est, dans certaines
régions, en butte à des ennemis divers. Grillons, saute
relles et lézards envahissent souvent les plantations et
rongent les jeunes plants, germes prometteurs des pro