OEUVRES DIVERSES.
MO
CHAPITRE VI.
OBSERVATIONS SUR LIS PRINCIPES DU SEIGNEURIAGK ^ OU DROIT DE
MONNAYAGE.
Le docteur Smith, quoique favorable à l’étalilissement d’un léger
droit de fabrication sur les monnaies, avait su prévoir tous les in
convénients qui résulteraient d’un seigneuriage élevé.
Les limites au delà desquelles il n’est plus avantageux d’éten
dre ce droit, sont posées par les dépenses qu’on supporte pour frap
per des lingots en coins. Si le seigneuriage excède ces frais inévita
bles, il olfrira un bénélicc réel aux faux monnayeurs, quand bien
même ils donneraient à leurs monnaies imitées le poids et le titre
voulus par la loi. Mais même dans ce (tas, comme l’addition d’unités
monétaires, en grossissant la circulation au delà des besoins du com
merce, diminue la valeur de la monnaie, l’industrie des faux mon
nayeurs cessera nécessairement au moment où la valeur des coins ne
dépassera plus celle des lingots d’une somme supérieure aux frais de
fabrication. Si l’on garantissait le public contre ces additions illégales
faites aux agents de circulation, il n’y aurait point de seigneuriage,
si élevé qu’il fût, que le gouvernement ne pût établir avantageuse
ment; car la valeur du numéraire excéderait dans le même rapport
celle des lingots. Si le droit était de 10 pourcent, le lingot serait
néeessairement à 10 pour cent au-dessous du prix à la Monnaie.
S’il était de 50 pour cent, la valeur du coin excéderait d’autant celle
des lingots. Il en résulte donc, qu’un poids donné en lingots ne pourra
jamais dépasser en valeur le même poids donné en numéraire, mais que
celui-ci pourra excéder le poids en lingots d’une somme égale aux
frais de seigneuriage. Quelque grands que soient cos frais, cette supé
riorité subsistera, si d’ailleurs ou reste assuré contre la fausse mon
naie. Il eu résulte aussi, qu’indépendamment de cette sécurité, l’in
dustrie des faux monnayeurs cessera aussitôt qu’ils auront assez ajouté
aux signes monétaires pour faire descendre la supériorité de leur va
leur sur celle des lingots, à la simple égalité avec les dépenses eucou-