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A. RÆDER
et de Paros. Andros eut gain de cause ; mais on savait que les
juges de Paros avaient voté en faveur de Chalkis. Les Andriens
en furent tellement irrités qu’ils prêtèrent serment de ne jamais
épouser à l’avenir aucune femme parienne et d’empêcher toute femme
andrienne d’épouser un parien.
Comment procédait on à l’exécution du jugement du tribunal
arbitral ? Quelles garanties avait-on que la partie perdante respec
terait le jugement ?
Quand il s’agissait d’états pleinement souverains, on n’avait pas
dans le monde grec de garanties plus sérieuses que les parties
s’inclineraient devant le jugement, que l’on n’en a à notre époque.
En dernier recours on ne devait compter alors comme maintenant
que sur la conscience juridique générale et sur le sentiment de la
responsabilité morale. L’état qui avait accepté l’arbitrage ne pouvait
négliger de respecter le jugement sans risquer d’être exclu de la
société juridique internationale et de voir ainsi brisés les nombreux
liens qui unissaient les petits états helléniques voisins et dépendant
les uns des autres. C’était de plus un défi à l’opinion publique
qui, en Hellade aussi, était une puissance avec laquelle il fallait
compter, même si elle n’avait pas une importance comparable à
celle de notre époque ; les journaux, le télégraphe etc. etc. jouent
en effet maintenant un rôle décisif.
Nous avons vu que dans certains cas on cherchait à se procurer
d’avance une certaine garantie, en faisant remettre aux parties des
sûretés en argent ou autres valeurs ; ce fut le cas dans le compro
mis de Latos et Olus 1 . Une semblable organisation pouvait avoir
son importance ; par contre une amende avait moins d’importance
lorsqu’elle était infligée par le tribunal lui-même pour le cas où une
des parties ne s’inclinerait pas devant le jugement. Une semblable
amende est déterminée par le jugement qui mit fin au différend de
Paros et Naxos ; le tribunal érétrien détermina que celle des parties
1 n° LXXVII.