Full text: L' empire colonial français

318 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS 
à-dire en une monnaie dont le cours est fort élevé, des 
avoirs importants® Il n’est, par exemple, certes pas indif- 
férent pour la France de compter dans son patrimoine 
national un établissement comme la Banque de l’Indo- 
chine. Point n’est besoin, d’autre part, d'insister sur les 
services que cet établissement rend à notre pays, non 
seulement en Indochine, mais encore dans tout l’Extrême- 
Orient. 
Au point de vue politique, il ne vous échappera pas 
que la possession d’une colonie peuplée de vingt millions 
d'habitants, répartis sur une superficie de 730 000 kilo- 
mètres carrés, suffit à marquer l’importance des intérêts 
français en Extrême-Orient, en dehors de toutes considé- 
rations relatives à l’existence des relations que nous entre- 
tenons depuis des siècles avec cette partie du globe. 
J'ai à peine besoin d’ajouter que le prestige d’un pays 
puissant et fortuné comme l’Indochine ne peut manquer 
de rejaillir, en partie, sur nos divers établissements 
d’Extrême-Orient, ainsi que sur les possessions françaises 
disséminées par ailleurs dans le Pacifique. 
S'il appartient ainsi à l’Indochine d’exercer, en quelque 
sorte, un rôle tutélaire envers ses sœurs moins favorisées, 
] ne faut pas oublier que c’est à la métropole qu’il incombe 
de veiller à la sécurité de toutes ses possessions. 
À cet égard, il n’est pas douteux que la communauté 
de frontières qui existe entre l’Indochine et la Chine 
serait pour la France une raison suffisante de s’intéresser 
aux affaires chinoises si, d’autre part, l’établissement de 
nos missionnaires au delà de cette frontière et l’existence 
de nos concessions en Chine ne nous imposaient, déjà, 
le devoir d’avoir une politique chinoise.
	        
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