LA SYRIE
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Et d’abord la répartition du territoire : les différents
États dont se compose le pays sous mandat français
sont : les États du Grand Liban, de la Syrie, des Alaouites,
et du Djebel Druze. Il eût été fort intéressant, si le temps
l'avait permnis, de dire comment on cest arrivé à cette
répartition et quelle justification elle trouve dans les
termes mêmes de la Charte, invitant le mandataire à
favoriser dans certaines circonstances les autonomies
locales. Disons seulement qu’elle rencontre des oppo-
sants : les uns réclament l’unité syrienne absolue, ce qui
mettrait à la merci d’une majorité, non encore animée
d’un suffisant esprit de tolérance, des minorités telles
que les chrétiens et les Alaouites, pour ne parler que des
plus nombreuses, que nous avons le devoir absolu de
protéger ; les autres bornent leur désir à la désarticula-
Hon du Grand Liban, tel qu’il a été constitué en 1920
lorsque le général Gouraud a joint à la montagne qui
constituait l’ancien Liban, la plaine de la Békaa pour lui
donner du pain, et la côte pour lui fournir des débouchés.
Il semblerait que ces questions dussent être closes,
puisque, en ce qui concerne par exemple l’État de Syrie,
sa contexture actuelle a pour base les vœux nettement
exprimés par les Assemblées représentatives régulière-
ment élues en 1922. Il faut enfin sortir du provisoire ;
et d'ailleurs, quelles que puissent être les modifications
adoptées, elles ne satisferont pas tout le monde en raison
de l’enchevêtrement des différentes « nations » comme
on dit là-bas, quand on parle des communautés reli-
vieuses.
En second lieu, j'en viens au régime politique de ces
différents États. Ici, dès le début l’examen s’impose d’une
conception particulièrement importante dans l’applica-
tion du mandat : le mandataire a-t-il le droit d'imposer
au pays, qu'il est chargé d’amener à se gouverner plus
tard en toute indépendance, le régime qu’il estime le
meilleur pour atteindre ce but? ou, au contraire, les popu-