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L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
s’améliorer, a même commencé à s’améliorer dès la
seconde année, c& qui est une des preuves des possibi-
lités éducatrices du mandat, mais il faut constater que
dans des pays à la fois aussi évolués et politiquement
arriérés le mandat est difficile dans la mesure ‘où il est
nécessaire.
Il faut enfin signaler qu'au début nous avons trouvé ins-
tallé à Damas, en dehors de nous et même contre nous, un
gouvernement, celui de l’émir Fayçal, qui, loin de vouloir
nous donner le levier indigène que demande le mandat,
se dressait comme le symbole et l’instrument de notre
éviction. C’est un point sur lequel il serait délicat d'in-
sister, mais qu’il est impossible de ne pas mentionner.
car il en ‘est résulté un sérieux accroissement des diffi
cultés qui devaient nécessairement naître du milieu.
Après que le général Gouraud eut été contraint, en
juillet 1920, de donner le coup de balai qu’appelait ce
gouvernement par l’obstination de son insolence, cer-
tains milieux, surtout de Damas, restèrent animés d'un
nationalisme prétentieux, hâtif, incapable de comprendre
qu’il devait arriver à son but par l'étape du mandat. Nous
avons eu à lutter contre les tendances qui avaient été
systématiquement encouragées pendant près de deux
années. Elles animent encore l’opposition que nous ren-
controns en Syrie, qui dénonce l’action de la France à
Genève et à une partie de la France elle-même, trouvant
à exploiter ce sentiment trop répandu chez nous, com-
posé pour une part de générosité, mais pour une part
aussi de la vanité d’être au-dessus des préjugés natio-
naux, qui fait donner raison à l’étranger, à l’exotique,
contre le Français engagé dans une tâche nationale.
Au milieu des critiques, l’œuvre d’organisation du
mandat s’est cependant accomplie. En septembre 1920,
les États, constitués dans l’esprit de la déclaration de
mandat qui recommande au mandataire de favoriser les
autonomies locales partout où cela est possible, étaient