L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
voulaient que la France « reprît son rang de grande
Puissance ».
Ce dessein, ils l’avaient conçu avant même que
le plan colonial fût né dans les esprits directeurs
et que l’exécution en fût commencée. La pensée
obscure qui animait tant. de vigoureux esprits,
tant d’hommes d’initiative et d’énergie que nous
pourrions appeler les précurseurs, tenait précisé-
ment à cette élasticité du peuple français qui, au
cours de sa longue histoire, ne s’est jamais laissé
abattre par les revers et qui a toujours puisé en
soi les forces nécessaires pour réparer les erreurs
des époques faibles ou négligentes.
Des fautes avaient été commises par faiblesse
et par négligence. L’ancien régime, qui avait
connu de si belles heures et accompli de si magn1-
fiques réalisations dans le domaine de l'Ultramar,
s’était détourné de sa propre gloire. La l'rance
de François Ie" qui, dès la première heure, s'était
orientée vers les grandes découvertes sur les con-
tinents nouveaux, la France de Richelieu et de
Colbert, avait, à l’heure du déclin de la monarchie,
abandonné Montcalm et Dupleix; et le magni-
fique édifice colonial déjà élevé s'était effondré.
Il n’ên restait plus que des débris. La dernière
des grandes colonies françaises, la Louisiane,
avait été cédée aux États-Unis d’Amérique par
Napoléon et il semblait que la France se fût
retirée du nombre des puissances de la mer.
Le dix-neuvième siècle s’attarda, d’abord, à
cette sorte d’indifférence résignée. La France
de 1815 était épuisée ; elle avait ses grands devoirs
intérieurs et extérieurs. Cependant, une magni-