146 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
aux accès de paludisme par une administration rationnelle
de la quinine, rpais encore, ce qui est beaucoup plus
important, nous savons que le paludigme est transmis par
certaines espèces de moustiques qu'on appelle les anophèles.
Et nous savons que là où il n’y a pas d’anophèles, il
ne peut pas y avoir de paludisme.
Nous savons aussi quels sont les moyens de lutter contre
Ja diffusion des anophèles et du paludisme : mesures de
destruction des moustiques et surtout mesures de destruction
des larves de ces moustiques qui pullulent dans
les mares d’eau.
Ce que je viens de dire pour le paludisme peut s’appliquer
égelement à la fièvre jaune qui, jadis, faisait de
terribles ravages dans notre colonie du Sénégal et à la
Côte occidentale d’Afrique, ainsi qu’à la Guyane et aux
Antilles. La fièvre jaune a totalement disparu, quand
on l’a voulu, des pays où elle était le plus endémique,
par exemple du Brésil. Il a suffi de donner de pleins pouvoirs
sanitaires à quelques hommes particulièrement
compétents, et de se résoudre à dépenser quelques millions
pour voir la ville de Rio-de-J aneiro, qui était jadis
régulièrement décimée par la fièvre jaune, devenir depuis
plus de quinze ans absolument salubre.
La fièvre jaune est propagée par une espèce de moustiques
autre que celle qui propage le paludisme : le stégomia,
qui se reproduit dans des conditions tout à fait
particulières de température, seulement au-dessus de 16° ;
par conséquent il ne peut offrir des dangers et devenir
l’hôte du parasite de la fièvre jaune que dans les régions
où les températures nocturnes et diurnes restent au-dessus
de 16°. On sait également que les stégomias ne piquent
jamais pendant le jour, mais seulement à partir du coucher
du soleil jusqu’au lever du soleil. Par conséquent,
il suffit de s’abriter dans les demeures et d’avoir une protection
mécanique suffisante (toiles. grillagées ou moustiquaires),
pour être à l’abri de la fièvre jaune. Tout cela