LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIES 189
comme introduction au projet de loi fixant un programme
général de mise en valeur des colonies françaises. Ce projet
a été déposé sur le bureau de la Chambre en 1921 ; j'ose
à peine rappeler qu’il n’a jamais été discuté.
Le jour où l’on entrera dans l’ère des réalisations, je
souhaite que les efforts d’équipement puissent être
sérieux et surtout concentrés sur un petit nombre de
points d’appui, cinq au plus, plutôt que d’éparpiller nos
efforts entre un trop grand nombre de ports.
De plus, il est indispensable que cette parfaite concor-
dance des besoins du navire de guerre et du navire mar-
chand pour l’utilisation des points d'appui matériels
offerts par nos colonies se manifeste par l'intervention
de la marine nationale pour la détermination des pro-
grammes d’équipement. À une époque où toute prodi-
galité est interdite, évitons de dépenser des millions pour
un port purement militaire à proximité d’un port com-
mercial et réciproquement si une entente préalable permet
de concentrer l’effort sur un seul d’entre eux pour la
parfaite satisfaction de besoins identiques, au demeurant
bien faciles à accorder.
Considérons maintenant les buts distincts qui sont
assignés au navire marchand et au navire de guerre,
but commercial chez l’un, but politique chez l’autre,
et, pour éviter toute confusion, envieageons séparément
le parti que l’un et l’autre peuvent tirer des points
d’appui coloniaux.
Je suis personnellement d’autant plus à l'aise pour
définir ce que j'entends par exploitation commerciale d'un
navire que javais, dans la compagnie que je dirigeais,
confié à un de mes collaborateurs toute l'exploitation
industrielle de cette compagnie, et à un autre collabo-
rateur toute l’exploitation commerciale.
Le premier concevait le navire. en traçait les plans, le