192 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
passe de 300 à 1 800 millions ; notre commerce extérieur
passe de 988 à 1867 millions; le tonnage de notre
marine marchandë de 250 000 à 732 000 tonnneaux.
contre 2 784 000 en Angleterre et 1 800 000 aux États-
Unis. Puis c’est l’œuvre d’expansion et d’établissement
des cinquante dernières années, présente à tous vos
esprits, qui ouvre à notre pavillon un développement
de 29 000 kilomètres de côtes bordant nos possessions.
Certes, la marine marchande française a considéra-
blement bénéficié des échanges qui se développent len-
tement mais progressivement entre nos colonies et la
métropole puisqu’à cette heure elle suffit à enlever la
presque totalité des marchandises importées ou expor-
tées. Mais il ne faut pas se dissimuler que les échanges
purement coloniaux sont aujourd’hui encore insuffisants
à employer les 3 500 000 tonneaux que représente notre
flotte. Autrement dit nos colonies, en dépit de leur super-
ficie et de leur répartition à travers le monde, si elles
constituent un point d’appui positif, ne constituent pas
encore un point d’appui suffisant pour faire vivre une
marine marchande.
Il y a encore beaucoup à faire. Chaque région pose un
problème particulier à résoudre : problème de la produc-
tion, problème de la main-d’œuvre, problème du trans-
port par routes ou voies ferrées, problème de l’équipement
des ports. Ces problèmes ne sont pas insolubles ; ils
demandent seulement du temps, de l’argent, de la mé-
thode, beaucoup de méthode.
Ce n’est pas ici le lieu de les examiner, quelque intérêt
que la question présente. Permettez-moi seulement d’at-
tirer votre attention sur un exemple très significatif de
réussite dont l’analyse nous fournira de précieux ensei-
gnements en même temps qu’il nous montrera d’une façon
éclatante de quelle manière une politique coloniale réaliste
assure la prospérité d’une marine marchande.
C’est le petit royaume des Pays-Bas que je veux citer :