LA VALEUR MILITAIRE DES COLONIES 193
une nation qui prend place immédiatement après la
Grande-Bretagne et la France parmi les grandes puissances
coloniales. Les Pays-Bas. avec une population métropo-
litaine évaluée en 1925 à 7 300 000 habitants, possèdent
un domaine colonial grand soixante fois comme leur
métropole et sept fois plus peuplé. Et c’est ce domaine
colonial, offrant comme principaux points d'appui les
Indes orientales et les Indes occidentales, qui permet
l’existence d’une marine marchande hollandaise jaugeant
2 800 000 tonneaux.
Or, si nous examinons minutieusement l'organisation
de cette marine marchande, qui apparaît, au premier
abord, comme desservant bien d’autres points que ceux
où flotte le pavillon néerlandais, nous constatons que
l’épine dorsale pour ainsi dire de toute l'organisation,
c’est le point d’appui colonial donné par les Indes néerlan-
daises. Cette colonie peut être appelée sans conteste le
deuxième réservoir mondial de matières premières tro-
picales, après l’empire britannique. Elle est desservie par
un réseau de lignes qui drainent toute sa production,
jusqu’aux marchés consommateurs. Et les autres lignes
hollandaises qui desservent l’Atlantique sud, l’Atlantique
nord et les mers d’Europe ne sont en réalité que des rami-
fications de l’artère centrale qui absorbe toutes les
richesses coloniales, ramifications qui ont pour but de
suivre ces richesses, sous pavillon hollandais, jusqu’aux
destinations définitives. Inversement, ce réseau de lignes
annexes participe au transport des marchandises ou den-
rées similaires en provenance d’Amérique du Sud et
d’Amérique centrale pour les acheminer vers les grands
entrepôts de la mère patrie, qui se trouvent figurer ainsi
parmi les plus grands marchés mondiaux des produits
tropicaux.
Nous avons à tirer profit'de cet enseignement. Les
temps du « pacte colonial » sont révolus. Nous n’avons