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L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
et aimées pour qu’elles se laissent guider vers un
sort meilleur, mais qui les surprend parfois.
Un autre devoir, et celui-là nettement diploma-
tique, incombe, à la fois, aux hautes administra-
tionslocales et au Gouvernement de la mère patrie :
à celui-ci et aux autres, il appartient de maintenir
chez les puissances étrangères la conviction que
le domaine colonial français ne passera pas en
d’autres mains. Nous avons, pour nous, le droit et
les traités, c’est entendu ; mais nous avons aussi la
sécurité universelle, l’intérêt de la paix : voilà
ce qu’il importe de bien saisir et de faire recon-
naître par tous.
Il suffit de le formuler comme un axiome poli-
tique : notre empire africain, notre empire indo-
chinois sont des éléments d’équilibre planétaire.
Supposez que notre Indochine, par exemple, soit
visée par telle ou telle autre puissance, ne vous
rendez-vous pas compte qu’aussitôt, une crise
terrible, une tempête d’une portée immense, s’en-
suivrait? Pensez-vous que l’Amérique, la Chine, le
Japon, l’Angleterre admettraient que l’une quel-
conque d’entre elles s’établîit sur ces côtes? Là
où est la France, sa présence est indispensable,
car elle est équitable et pacificatrice. Voilà de
ces maximes qu’une diplomatie prévoyante incul-
querait d’avance aux autres puissances, en parlant
au nom de l’équilibre, au nom de l'intérêt général
bien entendu, au nom de la paix.
D’autres devoirs découlent de celui-ci : le pre-
mier de tous, celui d’assurer de constantes et
fortes communications entre les colonies et la
mère patrie. celui d’encourager et de développer