80 L’EMPIRE COLONIAL FRANÇAIS
Mais 1ls demandent à être aménagés. Le Sénégal a vu cer-
taines populations s'éloigner de ses rives dont les terrains
s’asséchaient de plus en plus par suite, semble-t-il, de
l’usure et de la destruction d’un seuil qui formait retenue
d’eau à 125 kilomètres de Saint-Louis et aussi de la fer-
meture des saignées et affluents du fleuve. Il faudrait
reconstituer en partie sous une autre forme les œuvres du
passé.
Au Niger, on a creusé, à hauteur de Sotuba, où est
élevé un barrage dans le fleuve, un canal de 20 kilomètres
qui permet d’irriguer 6 000 hectares.
Plus tard, à la hauteur de Sansanding, sera effectué un
travail analogue portant sur 100 000 hectares.
Tout cela constitue, on le perçoit aisément, et je n’ai
envisagé que les sommets, un programme de travail fort
important par les capitaux, le matériel, et la main-d'œuvre
nécessaires.
En fait, et pour résumer, il était prévu une somme qui
se montait à environ 112 millions au budget général
de 1927.
En ajoutant à cet effort du budget général celui que
les colonies ont entrepris sur leurs budgets propres pour
des travaux d’intérêt plus local mais non moins primor-
dial pour le développement du pays, tel le Sénégal cons-
truisant des voies ferrées économiques dans le Ferlo et
le Baol servant d’affluents à l’ossature des grandes voies.
exécutant des travaux maritimes, hydrauliques, de naviga-
tion intérieure, d’adduction d’eau, telle la côte d’Ivoire
ouvrant une voie pour la desserte de la région à cacao, on
arrive à un total d'environ 135 millions en 1926 et 200 mil-
lions en 1927.
Quelle meilleure consécration pourrait-on rêver de
l’excellence d’une situation financière qui permet d’ac-
complir un tel effort avec les excédents budgétaires et
à laquelle on ne peut que souhaiter‘ de longs lende-
mains?