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nous apparaît également trop bienveillant, lorsqu'il
qualifie d’injuste (op. cit, p. 27) le parallèle tiré par
les détaillants entre les coopératives et les Warenhäuser.
À nos yeux, c’est tout de même farine. Nos préférences
iraient même plutôt aux Warenhäuser, institution
franchement capitaliste, au vieux sens du terme,
et par conséquent pas suspecte de pactiser avec la révolution.
D’après Steiger, les « trompeuses maximes de
la concurrence déloyale » ‘devraient être mises à la
charge de « certains » Warenhäuser. Quant à la concurrence
des coopératives, elle n’est pas déloyale, « parce
qu’elle est née tout naturellement des circonstances. »
Une société qui ne veut pas faire de bénéfice s'exposerait
à des pertes graves si elle essayait de vendre
juste à son prix de revient. Des frais imprévus peuvent
surgir ; le débit peut rester au-dessous des prévisions
et, par suite, chaque article s'être trouvé affecté d’une
fraction trop faible des frais généraux, etc. Bref, le seul
procédé viable, c’est de vendre à un prix tel qu'un
profit soit à peu près certain, quitte à distribuer ensuite
cet excédent de recettes à ceux qui l’ont payé et à qui,
en définitive, il appartient, puisqu’on s’est engagé à
ne pas réaliser de profit à leurs dépens. Ainsi se trouve
fondé en raison le système de la ristourne, et il n’y
aurait vraiment rien à y objecter si la ristourne n’était
que cela. Mais elle se charge rapidement d’autres caractères
qui rendent explicable la passion avec laquelle
son interdiction a été demandée, d’ailleurs ‘sans succès,
en Allemagne, par exemple par l'Association centrale
des commerçants allemands, en 1896, ou par la
Chambre des métiers de Leipzig (rapport pour 1905).
Le consommateur ne voit pas dans la ristourne la restitution
d’un trop perçu, il y voit une recette proprement
dite et même un but! La ristourne est donc un
! Ceci tient en bonne partie à ce que, dans beaucoup de
ménages, c’est la caisse du ménage, c’est-à-dire en dernière
analyse, le mari, qui a payé les achats à la coopérative,