fullscreen : L' arbitrage international chez les Hellenes

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A.  RÆDER

tion  politique  en  Béotie  était  telle  que  l’on  comprend  facilement
que  les  villes  y  aient  accepté  l’invitation  ;  enfin  on  n’avait  pas  encore
commencé  à  Athènes  l’érection  des  temples  de  l’Acropole,  et  c’était
naturellement  à  ceux-ci  que  l’on  pensait  à  Athènes  en  premier  lieu.
Bien  entendu,  toute  la  pensée  du  congrès  est  pour  la  politique  de
Périclès  un  moyen  d’ériger  Athènes  en  centre  intellectuel  et  matériel
du  monde  grec,  pour  cela  on  joue  de  la  corde  nationale  ;  comme
Athènes  avait  eu  la  direction  de  la  défense  nationale  contre  les
Perses,  il  fallait  maintenant  en  tirer  la  conséquence  et  faire  d’Athènes
l’emplacement  des  trésors  communs  et  des  fêtes  religieuses  de
l’Hellade.  En  même  temps  on  devait  conclure  des  traités  assurant
la  paix  entre  les  Etats  grecs,  particulièrement  sur  mer  ;  ce  qui
veut  dire,  si  l’on  considère  la  situation  à  ce  moment,  qu  Athènes
devrait  recevoir  un  mandat  général  hellénique  de  veiller  à  la  paix
et  à  la  liberté  de  la  navigation  ;  en  d’autres  mots  elle  devrait  recevoir ­
  le  mandat  d’empêcher  les  expéditions  sur  mer  et  détruire  la
guerre  de  course  et  la  piraterie.  Mais  en  outre  aussi  la  paix  devait
être  assurée  entre  les  Etats  helléniques,  et  cela  devait  être  réalisé,
comme  on  cherchait  à  le  faire  entre  les  ligues  d’Etats  grecs,  par  la
conclusion  d’une  ligue  générale  hellénique,  à  l’intérieur  de  laquelle
les  différends  devaient  être  tranchés  par  l’arbitrage.
On  peut  se  demander  très  justement  si  Périclès  croyait  vraiment  luimême
  à  la  possibilité  de  faire  sortir  quelque  chose  de  vraiment  pratique ­
  de  cette  tentative.  Mais  il  voulait  en  tout  cas  marquer  sa  politique, ­
  et  indiquer  que  l’hégémonie  d’Athènes  n’avait  pas  seulement
le  propre  bien  de  la  ville  comme  but,  mais  avait  aussi  une  importance
hellénique  générale.  Bien  qu’Athènes  n’eût  pas  reçu  l’adhésion  des
autres  Etats,  il  n’en  continua  pas  moins  dans  cette  voie  avec  ses
propres  forces  et  celles  de  ses  alliés;  ils  devinrent  alors  représentants
d’une  véritable  politique  hellénique.  L’année  qui  suivit  l’échec  de  ce
plan  de  congrès  nous  voyons  qu’Athènes  entreprit  pour  son  compte
de  reconstruire  les  temples  de  l’Acropole  brûlés  par  les  Perses.  Il  se
peut  qu’on  ait  calculé  qu’Athènes  pouvait  plus  facilement  y  employer
            
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