‘ PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
amassés dans ses caves et, en outre, des fonds en quantité
quasi illimitée sous forme de billets qu’elle se charge
d émettre au fur et à mesure des besoins de l’Etat.
Lors de la guerre de 1870 la Banque avança ainsi à l’Etat
une somme de 1.470 millions.
Au cours de la dernière guerre, elle a prêté la somme
énorme de 24 milliards à l’Etat, et en outre plus de 4 mil-
liards à ses Alliés. Et cette avance a été faite sinon gratuite-
ment, du moins à un taux inférieur à 1 p- 0/0, alors que le taux
auquel l’Etat empruntait au public était de 6 p. 0/0, donc lui
procurant une économie de plus de 1 milliard d’intérêts.
Et la Banque de France rend service aussi aux autres
banques, même aux grands établissements de crédit que l’on
pourrait croire, au premier abord, devoir être animées de
l'esprit d’hostilité que crée la concurrence.….C’est qu’en effet,
il n’y a point ici de concurrence. Tout au contraire, la
Banque de France est devenue la Banque des banques et
celles-ci ne pourraient plus s'en passer. Elle leur rend le ser-
vice éminent de les dispenser de garder en caisse de l’or, ou
même des billets, et leur permet ainsi de faire travailler tous
les fonds dont elles disposent. Quand ces banques ont besoin
d’argent, que font-elles en effet ? Elles font tout simplement
réescompter à la Banque de France les effecs de commerce
qu’elles ont escomptés elles-mêmes. Il leur sulfit donc, pour
être parées à tout événement, d'avoir leur portefeuille suffi-
samment garni de papier bancable, comme on dit, c’est-à-dire
remplissant les conditions voulues pour être escompté par la
Banque de France. Et elles gagnent la différence entre le
taux auquel elles réescomptent à la Banque et celui auquel
c'les ont escompté elles-mêmes, lequel est toujours de 1 ou
2 p. 0/0 plus élevé.
Les grands établissements de crédit peuvent donc, débar-
rassés du gros souci des remboursements, se consacrer tout
entiers aux opérations lucratives de l’escompte, souscription
d’emprunts, etc. Ils ont tous les profits du commerce de
banque et presque aucune de ses responsabilités.
Le reproche qu’on entend adresser le plus fréquemment à
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