; PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
des grands magasins, que ce préjudice a pour compensation
la baisse de prix réalisée précisément par cette économie de
travail. Or les droits protecteurs, en maintenant ce travail
inutile, tendent à renchérir le coût de la vie ou tout au moins
à l'empêcher de diminuer. La plupart des artiéles de grande
consommation, ceux qui intéressent l’ouvrier, sont meilleur
marché dans les pays libre-échangistes, comme l’Angleterre
ou la Belgique, qu’en France.
Comment pourrait-il en ètre autrement? Il va de soi que
le commerçant qui importe des marchandises devra ajouter
à la valeuf d’origine de cette marchandise le montant des
droits payés par lui à la douane, exactement comme il doit
y ajouter les frais de transport et d’assurance. Et encore,
si la majoration de prix ne portait que sur les produits
importés ce serait peu de chose, mais elle se répercute sur
toute la production intérieure en sorte que le public se
trouve payer de sa poche, sous la forme de supplément de
prix, dix fois ce que perçoit l’Etat !
Les protectionnistes répondent que la hausse des prix
n’est pas une conséquence nécessaire des droits à l’importa-
tion, car pourquoi ne pas admettre que le vendeur étranger
les prendra à sa charge ? Cela est possible en effet. Le droit
qui frappe ses produits mettant le vendeur dans cette alter-
native ou de restreindre le chiffre de ses ventes ou de faire un
sacrifice sur le prix, il est possible que, tout compte fait, son
intérêt l’engage à choisir le second parti, c’est-à-dire à
prendre à sa charge tout ou partie du droit. Remarquons
pourtant que pour que les producteurs étrangers se résignent
à cette extrémité, il faut deux conditions préalables : — la
première, que le prix de revient le leur permette; — la
seconde, qu’ils ne trouvent pas le moyen d’écouler leurs
produits sur un autre marché.
Mais ce sont là des cas exceptionnels et ce qu’il faut remar-
quer c’est que lorsqu’ils se réalisent le résultat est fout à fait
contraire aux intentions des protectionnistes : ceux-ci ne sont
donc pas fondés à les invoquer en faveur de leur système. Il
est bien évident que lorsque des industriels ou des agricul-
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