4 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
taires. M. Seebohm Rowntree, qui a étudié la Belgique comme per-
sonne, nous a appris en 1910 que le nombre total des propriétaires
fonciers, 719.986, représentait 10 pour cent de la population totale
ou 18 pour cent de la population de plus de vingt et un ans: que
chaque propriétaire n’a pas en moyenne plus de 3 hectares 87 ares,
que plus des deux tiers des propriétaires ont moins d’un hectare
chacun, et que 95 pour cent ont moins de 10 hectares (1).
Quant au bétail, «nous voyons, dit le même auteur, que la Belgique
a sur les autres pays la même supériorité sous ce rapport que sous
celui des récoltes : elle les dépasse tous au point de vue du nombre
d’animaux par kilomètre carré de territoire. Si nous comptons huit
moutons comme équivalent à une bête à cornes ou à un cheval, nous
arrivons aux chiffres suivants, représentant le nombre d’animaux
(chevaux, moutons et bestiaux) par kilomètre carré de territoire dans
les différents pays ci-après :
Belgique 00 timicmetmts ia tenir rene d
Danemark 1001000 ie airs ie ait ES
Grande-Bretagne ......….+…<+0e0000 0e
Allemagne ++ #»{ceanirieeiaic annees
France... Africa cent ces cu
On évaluait, en 1913, «à un milliard et demi de francs la valeur
annuelle de la production végétale de l’agriculture belge et à 950 mil-
lions celle de la production animale, soit environ deux milliards et
quart au total » (2).
“ Si intensive et si progressive que fût l’exploitation agricole, elle
ne parvenait pas cependant à nourrir la dense population de la Bel-
gique : c’était grâce à l’industrie qu’un aussi grand nombre de per-
sonnes pouvait vivre sur un territoire aussi exigu (3).
La Belgique occupait dans le monde une place peut-être plus
remarquable encore par l’industrie que par l’agriculture. Ses produits
fabriqués faisaient, sur les marchés étrangers, aux produits des grandes
vations une concurrence redoutable. Mais son caractère industriel
(1) V. SEEBOHM RowNnTREE, Comment diminuer la misère, p. 43. Voici en outre
son témoignage sur la valeur propre de l’agriculture belge : « Si l’agriculture belge
occupe parmi les autres nations une place si honorable au point de vue de sa produc-
tion — elle les dépasse toutes dans presque tous les cas — il est certain qu’elle ne le
doit pas aux qualités naturelles du sol qui, nous le savons, n’a rien d’extraordinaire :
le fait est que dans les Flandres, où la culture est le plus intensive, le sol est en grande
partie sablonneux et était autrefois extrêmement stérile. Cette prospérité est due à
d’autres causes parmi lesquelles nous ne pouvons nous abstenir de citer le contraste
frappant entre les petites exploitations et le rendement élevé de la Belgique d’une
part, les grandes fermes et le peu de rendement de la Grande-Bretagne d’autre part».
Op. cit, p. 185.
(2) Rapport général du Comité National, 17° partie t. 1, p. 12.
(3) V. aussi, dans la présente collection, M. A. Henry, ch. 1, p. 14.