90 l’ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
intérêts matériels. Toutes les ardeurs patriotiques,
qui s’étaient emparées de la jeunesse allemande depuis
1812, et qui sous la pression d’une tutelle politique
et policière avaient pu dégénérer en intempérance,
dérivèrent du côté de l’association allemande,
et plus stériles avaient été les etlorts tentés par les
cabinets et par la diète pour les étouffer, plus vigoureuses
et plus saines elles se déployèrent au contact
du mouvement économique naissant. Les idées
de nationalité portées de la sorte par les intérêts matériels,
et réagissant sur eux à leur tour, pénétrèrent
successivement toutes les couches de la société, et
imprimèrent au Zollverein une direction politique,
assez étrangère aux causes immédiates de sa fondation.
La lutte passionnée qu’amena bientôt la combinaison
de ces deux éléments montra à l’œuvre
dans toute leur effervescence les jeunes conceptions
nationales, qui avaient trouvé enfin une assiette
solide dans le Zollverein, et qui ne demandaient pas
mieux que d’essayer leurs forces encore indisciplinées.
Les sorties violentes contre le traité hollandais et
le traité anglais furent le premier symptôme de l’orage
qui approchait, et tendirent,avec le cachet il est
vrai de l’inexpérience, à procurer au Zollverein dans
le conseil des États de l’Europe cette reconnaissance
extérieure dont une direction jusqu’ici exclusivement
bureaucratique semblait avoir voulu le priver.
Toutefois cette mission, cette signification poli-