PÉRIODE DE 1834 A 1854. 93
consister leur ambition à desservir non plus seulement
les contrées voisines, mais encore la totalité de
l’Allemagne. Quelques-unes d’entre elles se risquèrent
aussi sur le marché universel, où elles firent la
concurrence aux industries anglaise et française,
même pour des articles, relativement auxquels cellesci
avaient eu toujours la haute main.
L emploi de machines, qui jusqu’alors n’avait eu
lieu que dans des proportions très-rest rein tes, s’accrut
d une façon prodigieuse ; mais comme l’industrie
nationale de la construction des machines était
encore dans l’enfance et était dépourvue d’une confiance
que n’auraient pas suffisamment justifiée
d ailleurs ses connaissances techniques, elle ne put
que graduellement faire face aux besoins auxquels,
en attendant, l’étranger donna surtout satisfaction.
Bien entendu, le phénomène que nous signalons
s accusa bien plus dans les régions où fonctionnaient
déjà d anciennes manufactures, où se renconiraient
des notions professionnelles et des capitaux, où des
gouvernements avisés avaient, par de sages institutions,
stimulé 1 esprit d entreprise et encouragé l’eng
lement spécial, que dans les contrées agricoles
e ce es ou la population, par trop attachée aux
vieux errements, se montrait moins accessible aux
innovations et laissait à désirer d avantage du côté
du savoir général et particulier.
A mesure, d’ailleurs, que la haute industrie répandait
le bien-être de toute part et procurait à