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l’aLLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
donne même plus facilement et plus complets, n’êtant
pas arrêtée dans la réalisation des plans économiques
soit par la résistance invincible de membres isolés
de ces associations, soit, si même celles-ci sont
régies par des institutions plus parlementaires, par
la diversité d’intérêts et de vues, inséparable de
1 indépendance respective de ces membres les uns
vis-à-vis des autres. Pour les intérêts matériels
comme pour les intérêts moraux, l’unité natio
nale est en définitive la plus parfaite des associa
tions. Remarquons seulement, pour rester dans la
vérité absolue, que l’unité nationale ne vient d’être
fondée en Allemagne que dans la mesure où a pu
1 y fonder un empire qui n'est autre chose encore,
aux fermes mêmes de sa constitution, qu’une Con
fédération, formée entre le roi de Prusse, contrac
tant au nom de la Confédération de l’Allemagne du
Nord, le roi de Bavière, le roi de Wurtemberg, le
grand-duc de Bade et le graud-duc de la Hesse-Rhé
nane, pour la partie du grand-duché de Hesse située
au sud du Mein. Nous concédons d’ailleurs volontiers
que la constitution de l’empire allemand contem
porain resserre sensiblement les liens qui unis
saient entre eux les divers Étals de l’ancienne Con
fédération germanique, et assure à la couronne de
Prusse une prépondérance et un pouvoir absorbants,
supérieurs même à ceux qui étaient échus autre
fois à l’empereur élu d’Allemagne, quoique toute
fois cette constitution fasse à la monarchie prus-