58 LES SECOURS DE CHOMAGE PENDANT L’OCCUPATION ALLEMANDE
«commissaire spécial » qui exécute les instructions à leur place. Il
en fut de même des Comités locaux récalcitrants : ils furent privés
de leurs fonctions, ne reçurent notamment plus de fonds, mais un
contrôleur du service provincial se rendait dans leur localité et fai-
sait lui-même la distribution des secours. Nous n’avons pas besoin de
dire que de semblables punitions furent extrêmement rares. Dans
l’ensemble, le service du Secours Chômage fut admirablement orga-
nisé et répondit à ce qu’on attendait de lui.
Les fonctions de membres des Comités locaux étaient gratuites,
comme toutes celles des membres des Comités provinciaux et du
Comité National. Mais elles exigeaient l’aide de travail rémunéré.
Le Secours Chômage comme les autres services du Comité de Secours
et d’Alimentation, dut avoir ses bureaux. Le recrutement en fut
extrêmement variable : on engagea des fonctionnaires de l’Etat privés
de leur emploi par la guerre, notamment de l’administration des
chemins de fer, des postes, télégraphes, des employés de l’industrie
privée, des ouvriers instruits, des artistes, des personnes appartenant
aux professions libérales, ete. Ce ne fut pas une des moindres diffi-
cultés de cette administration improvisée, d’utiliser au mieux ces
collaborateurs venus de tous les points de l’horizon social, n’ayant
pas d’unité dans la préparation à leur'tâche, ayant des niveaux de
connaissances différents, n’ayant pas eu de contact préalable entre
eux. Heureusement, l’esprit de sacrifice et de bonne volonté ne firent
point défaut ; l’idée du devoir envers la patrie anima beaucoup
d’âmes et domina, pour elles, les inconvénients et les ennuis de l’em-
ploi. On vit des fonctionnaires de grade supérieur accepter d’être
mis en sous-ordre, des employés habitués à des besognes sédentaires
ou «de tout repos » prendre du service actif et des responsabilités.
On vit surtout des gens accoutumés à faire tranquillement et sans
risques une besogne sans imprévu, assumer des emplois qui les met-
taient continuellement en contact avec l’autorité allemande et les
exposaient à être mis en prison ou exilés dans quelque camp de con-
centration en Allemagne.