Full text : Oeuvres complètes

20á  PRÍNCIPES  DE  L’ÉCONOMIE  POLITIQUE.
salaires,  en  haussant  trop  ,  se  trouveraient  hors  de  proportion  avec
l’état  de  ce  fonds.  En  mettant  l’impôt  sur  les  salaires,  la  récompense
accordée  à  l’ouvrier  étant  trop  faible,  ne  se  trouverait  pas  non  plus
proportionnée  à  ce  fonds.  L’équilibre  naturel  entre  les  profits  et  les
salaires  se  rétablirait,  dans  un  cas,  par  la  baisse,  et  dans  l’autre,
par  la  hausse  des  salaires  en  monnaie.
Un  impôt  sur  les  salaires  ne  pèse  donc  pas  sur  le  propriétaire,
mais  il  porte  sur  les  profits  du  capital.  Il  «  n’autorise  ni  n’oblige  le
')  maître  manufacturier  à  le  reporter  avec  un  profit  sur  le  prix  de
»  ses  marchandises;  »  car  il  ne  pourra  pas  en  augmenter  le  prix,  et
il  doit  par  conséquent  supporter  en  entier,  et  sans  compensation,
tout  le  fardeau  d’un  tel  impôt*.
Si  l’effet  des  impôts  sur  les  salaires  est  tel  que  je  viens  de  le  décrire, ­
  ces  impôts  ne  méritent  point  la  censure  dont  le  docteur  Smith
les  a  frappés.  Voici  ce  qu’il  dit  au  sujet  de  tels  impôts  :  «  On  dit
»  que  ces  impôts  et  quelques  autres  du  même  genre,  en  faisant  mon-»
  ter  le  prix  du  travail,  ont  ruiné  la  plupart  des  manufactures  de
»  Hollande.  Des  impôts  semblables,  quoique  pas  tout  à  fait  aussi
»  lourds,  ont  lieu  dans  le  Milanais,  dans  les  États  de  Gênes,  dans  le
»  duché  de  Modène,  dans  les  duchés  de  Parme,  de  Plaisance  et  de
»  Guastalla,  et  dans  fÉtat  de  l’Église.  Un  auteur  français,  de  quel-»
  que  réputation,  a  proposé  de  réformer  les  finances  de  son  pays,
»  en  substituant  à  la  plus  grande  partie  des  autres  impôts,  cette
»  espèce  d’impôts,  la  plus  ruineuse  de  toutes  :  —  11  n’y  a  rien  de  si
»  absurde,  dit  Cicéron,  qui  n’ait  été  avancé  par  quelque  philosophe.  »
—  Dans  un  autre  endroit  il  dit  :  «  Les  impôts  sur  les  choses  de  né-»
  cessité,  en  faisant  monter  les  salaires  du  travail,  tendent  nécessai  -
»  rement  à  faire  monter  le  prix  de  tous  les  objets  manufacturés,
»  et  par  conséquent  à  en  diminuer  la  vente  et  la  consommation.  »
Ce  genre  d’impôt  ne  mériterait  point  une  pareille  censure  ,  quand
même  le  principe  posé  par  le  docteur  Smith  serait  exact  :  —  à  savoir
que  ces  impôts  tendent  à  faire  monter  le  prix  des  objets  manufactu-'

  M  Say  paraît  être  imbu  de  l’opinion  générale  sur  ce  point.  En  parlant  du
blé,  il  dit  :  «  De  là  il  résulte  encore  que  son  prix  influe  sur  celui  de  tous  les
»  autres  produits.  Un  chef  d’entreprise,  fermier,  manufacturier,  ou  négociant,
»  emploie  un  certain  nombre  d’ouvriers,  qui  tous  ont  besoin  de  consommer  une
«  certaine  quantité  de  blé.  Si  le  prix  du  blé  augmente,  il  est  obligé  d’aug-»
  menter  dans  la  même  proportion  le  prix  de  ses  produits.  ..  Liv.  I,chap.  xvii.
{Note  de  l’Auteur)
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.