Full text : Oeuvres complètes

CHAP.  XVI,  —  DES  IMPOTS  SHU  LES  SALAIRES  203
rés  ;  car  cet  effet  ne  pourrait  être  que  temporaire,  et  n'entraînerait
pour  nous  aucun  désavantage  dans  notre  commerce  étranger.  Si  une
<au8e  quelconque  faisait  monter  le  prix  de  quelques  marchandises
manufacturées,  elle  en  entraverait  ou  en  empêcherait  l’exportation.
Mais  si  cette  même  cause  avait  un  effet  général  sur  toutes  les  marchandises, ­
  son  effet  ne  serait  que  nominal  ;  il  n’affecterait  pas  leur
valeur  relative,  et  ne  diminuerait  en  rien  l’appât  que  présente  le
commerce  d’échange.  Or,  tout  commerce  extérieur  et  intérieur  n’est
réellement  autre  chose  qu’un  commerce  d’échange*.
J  ai  déjà  essayé  de  prouver  que,  lorsqu’une  cause  quelconque  fait
renchérir  toutes  les  denrées  en  général,  ses  effets  sont  presque  pareils ­
  à  ceux  qu’occasionne  une  baisse  dans  la  valeur  de  la  monnaie.
Si  la  monnaie  baisse  de  valeur,  toutes  les  denrées  haussent  de  prix  ;
et  si  cet  effet  se  borne  à  un  seul  pays,  il  modifie  son  commerce  étranger ­
  de  la  même  manière  que  le  ferait  un  renchérissement  de  denrées
occasionné  par  des  impôts.  Par  conséquent,  examiner  les  effets  de  la
dépréciation  de  la  monnaie  d’un  seul  pays,  c’est  examiner  les  effets
d  un  renchérissement  des  denrées  borné  à  un  seul  pajs.  Adam
Smitb,  en  effet,  était  bien  persuadé  de  la  parité  de  ces  deux  cas;
c  est  pourquoi  il  soutient  que  la  dépréciation  du  numéraire,  ou,
comme  il  le  dit,  de  l’argent  en  Espagne,  par  suite  de  la  défense  de
I  exporter,  est  très-nuisible  aux  manufactures  et  au  commerce  étranger ­
  de  l’Espagne.
«  Mais  cette  dégradation  de  la  valeur  de  l’argent,  qui,  étant  le
résultat  ou  de  la  situation  particulière  d’un  pays  ou  de  ses  institutions ­
  politiques,  n  a  lieu  que  pour  ce  pays  seulement,  entraîne
"  conséquences  tout  autres;  et  bien  loin  qu’elle  tende  à  rendre

Même  dans  le  commerce  d’échange  et  sans  faire  usage  de  monnaie,  une
marchandise  peut  être  chère  ou  à  bon  marché.  Elle  est  chère  lorsqu’elle  est  le
résultat  de  beaucoup  de  frais  de  production,  du  service  de  beaucoup  de  capitaux
ou  d  indtLstne,  ou,  ce  qui  revient  au  même,  lorsque  beaucoup  de  capitaux  ou
industrie  n’ont  donné  que  peu  de  marchandise.  I.orsque  cette  marchandise  va
ans  etranger,  on  n  en  peut  donner  que  peu  en  échange  de  quoi  que  ce  soit  ;
par  conséquent  elle  ne  trouve  pas  à  s’y  échanger  facilement.  C’est  ce  qu’on  appelle
soutenir  la  concurrence  avec  les  marchandises  produites  dans  ce  pays
g.  ^^^Quelles  pouvant  s  offrir  en  plus  grande  abondance  dans  les  échan-Kt’s,
  obtiennent  la  préférence.
dans^T  preuve  de  plus  qu’il  y  a  autre  chose  que  des  variations  relatives
T  B  toute  la  doctrine  de  M.  Ricardo  semble  l’établir.  —
•’••B.  Sav.
            
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