Full text : Oeuvres complètes

CHAP.  XVI.  —  DLS  IMPOTS  SUR  LES  SALAIRES.  àH
producteur  tirât  moins  de  profit  de  la  production  du  sel,  il  en
devait  obtenir  davantage  de  la  production  de  quelque  autre  denrée. ­
  Si  un  impôt,  quelque  lourd  qu’il  soit,  est  assis  sur  le  revenu  ,
t^t  non  sur  le  capital,  il  ne  diminue  pas  la  demande,  il  ne  fait  qu’en
changer  la  nature.  Il  met  le  gouvernement  dans  le  cas  de  consommer
autant.du  produit  de  la  terre  et  du  travail  national,  que  les  contribuables ­
  en  consommaient  auparavant.  Si  mon  revenu  est  de  lüOOl.
par  an,  et  que  je  sois  tenu  de  payer  100  1.  d’impôts  par  an,  je  ne
pourrai  faire  que  la  demande  des  neuf  dixièmes  de  la  quantité  de
marchandises  que  je  consommais  auparavant;  mais  je  fournis  au
gouvernement  les  moyens  de  faire  la  demande  de  l’autre  dixième.
Si  c’est  le  blé  qui  est  l’artiele  imposé,  il  n’est  pas  nécessaire  que  ma
demande  en  soit  diminuée,  car  je  puis  préférer  de  payer  100  1.  de
plus  par  an  pour  mon  blé,  en  réduisant  ma  dépense  en  vin,  en  meures, ­
  ou  en  autres  objets  de  luxe  d’une  somme  pareille*.  Moins  de

gente,  furent  privés  en  totalité  de  cette  matière  si  précieuse  dans  leur  situation.
La  consommation  du  sucre  diminua  de  moitié,  et  par  conséquent  les  jouissances
provenant  de  la  consommation  du  sucre.
Sans  doute  c’est  un  principe  vrai  en  soi,  qu’en  général  l’industrie  et  la  production ­
  sont  en  raison  des  capitaux  productifs  ;  et  cependant  toutes  les  observations ­
  nous  persuadent  que  les  impôts  altèrent  la  production,  même  avant  que
la  somme  des  capitaux  soit  entamée.  Il  n’est  pas  prudent,  en  économie  politique,
de  s’etayer  même  du  principe  le  mieux  établi,  pour  en  déduire  constamment  les
consequences  les  plus  incontestables.  Les  résultats  sont  modifiés  par  une  foule
de  circonstance  dont  l’inlluence  n’et  pas  moins  incontestable,  et  qu’il  et  on  ne
.  peut  pas  plus  difficile  d’apprécier.  Heureusement  que  ce  questions  ardues  ne
sont  pas  celles  dont  l’application  présente  le  plus  d’utilité.  Ce  qu’il  y  a  de  vraiment ­
  important  dans  l’Economie  politique,  c’est  de  savoir  en  quoi  consistent  le
richesses,  par  quels  moyens  elles  se  multiplient  et  se  détruisent  ;  et  sur  ces  points
essentiels,  Smith,  Buchanan,  Malthus,  Ricardo  sont  heureusement  d’accord.
J.'B  Say.
M.  Say  dit  que  «  l’impôt  ajouté  au  prix  de  la  denrée  en  élève  le  prix.  >.  Et  il
1  aussitôt  après  :  «Tout  renchérissement  d’un  produit  diminue  nécessairement
I  ®  ^  ceux  qui  sont  à  portée  de  se  le  procurer,  ou  du  moins  la  consom-DosnT*r
  conséquence  nécessaire.  Si  l’on  imjj,
  ^  P^ui,  le  drap,  le  vin  ou  le  savon,  je  ne  crois  pas  que  la  consommation
^  une  de  ces  denrées  devînt  moindre.  de  l’AuteurJ.
uîoiiis  isettes,  et  lorsque  le  blé  renchérit,  il  s’en  consomme  beaucoup
pourvoi  attesté  par  tous  les  administrateurs  qui  ont  été  chargés  de
polit  subsistances.  «  Dans  les  années  d’abondance,  dit  Steuart  (  Aro/i.
"  partie  d  '  chap,  wii),  tout  le  monde  est  mieux  nourri;  on  emploie  une
CS  produits  à  engraisser  des  animaux  de  basse-cour  ;  les  denrées  étant
            
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