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talion de ces frais sera donc un surhaussement de prix, et non une
diminution de la rente*.
11 est singulier qu’Adam Smith et M. Buchanan, qui, tous deux,
convieunent que les impôts sur les produits agricoles, l’impôt fon
cier et la dime, tombent tous sur le proiit du propriétaire foncier,
et non sur les consommateurs des produits de l’agriculture, admettent
néanmoins qu’un impôt sur la drèche tomberait sur le consommateur
' « L’industrie manufacturière augmente ses produits à proportion de la de-
» mande, et les prix baissent ; mais on ne peut pas augmenter ainsi les produits
.. de la terre, et il faut toujours un haut prix pour empêcher que la consomma-
» tion n’excède la demande. >> iiuchanan, loin. IV, pag- 40. Est-il possible que
que iM. Buchanan puisse soutenir serieusement que les produits de la terre ne
peuvent être augmentés quand la demande en devient plus considerable.
ote de l’Auteur.)
M. Buchanan suppose, je pense, que la tendance qu'a la population à devancer
les moyens de subsistance (V . Ifcs raisons irrésistibles qn’en donne Malthus), éta
blit une demande telle, que le prix des subsistances excède toujours ce qui serait
rigoureusement nécessaire pour payer les seuls profils du capital et de l’industrie
employés à la culture des terres. C’est cet excédant qui compose le profit du pro
priétaire foncier, la rente qu’un fermier consent à payer, même lorsqu’il n’y a
aucun capital répandu sur la terre qu il loue-
Le prix des produits territoriaux, comme tous autres, est toujours fixé en raison
composée de l’offre et de la demande ; or, il est clair que dans lecas dont il est ici
question, la demande n’étant jamais bornee, et l’offre l’étant toujours (puisque
l’étendue des terres cultivables l’est), le produit des terres doit être a un prix
monopole, qui s’élève d’autant plus, que les facultes des consommateurs s’aug
mentent.
Il ne faut pas dire que la quantité des terres cultivables n’est pas bornee tant
qu’il en reste d’incultes. Si les produits possibles des terres actuellement incultes,
soit eu raison des difücultés provenant de la distance ou des ditlicnlti* provenant
des douanes,doivent rev enir plus chers au consommateur que le blé qu il adiete au
prix monopole de son canton, il est evident que ces terres ne peuvent point, par
leur concurrence, faire baisser le blé dans son canton.
J’avoue d’ailleurs queje ne vois aucun motil sutlisantde renoncer à I opinion
de Smith, qui regarde la terre comme un grand outil, une machine propre à taire
du blé, quand elle est convenablement manœuvrée, et qui trouve tout simple que
le propriétaire de cette machine, à quelque titre qu’il la possède , la loue à ceux
qui eu ont besoin. C’est le besoin qu’on a des produits qui est la premiere source
du prix qu’on y met. Si la concurrence des producteurs fait baisser ce prix au
niveau des frais de production, ce n’est pas une raison pour que les proprietaires
de terres réduisent leurs prétentions au niveau de rien ; car, quoique les tonds de
terre n’aient rien coûté dans l’origine, l’offre de leur concoui-s est nécessairement
borné, et les bornes de la quantité offerte sont aussi l’un des éléments de la valeur.
— J .-B. Sa\ •