Object: Oeuvres complètes

237 
CHAP. XVIll. — DE LA TAXE DES PAUVRES, 
premier ne pourrait pas plus que le second prendre ce prétexte pour 
élever le prix de sa denrée. Ce n’est point la baisse absolue des profits, 
e’est leur baisse relative qui détourne les capitaux d un commerce 
quelconque ; c’est la différence entre les profits qui attire le capital 
d’un emploi vefs un autre. 
Il faut cependant convenir que dans l’état actuel de la taxe des 
pauvres en Angleterre, une plus grande partie de cette contribution 
tombe sur le fermier que sur le manufacturier, eu égard aux profits 
respectifs de chacun, le fermier étant imposé d après les productions 
qu’il retire de la terre, et le manufacturier ne l’étant que d’a 
près la valeur des bâtiments dans lesquels il travaille, sans aucun 
égard à la valeur des machines, du travail industriel, ni du capital 
qu’il peut employer. Il s’ensuit que le fermier peut élever le prix de 
ses produits de la totalité de cette différence 5 car, puisque 1 impôt 
est inégal dans sa répartition, et qu il atteint surtout ses profits, le 
fermier aurait moins d avantage à consacrer son capital à 1 agricul 
ture, qu'à l’employer dans un autre commerce, si les produits de la 
terre ne montaient pas de prix. Si, au contraire, 1 impôt eût pesé 
avec plus de force sur le manufacturier que sur le fermier, le pre 
mier aurait pu élever le prix de ses marchandises de tout le mon 
tant de la différence, par la raison même qui, en de pareilles circon 
stances, aurait déterminé le fermier à élever le prix des produits de 
la terre. Dans un pays dont l’agriculture acquiert tous les jours une 
nouvelle extension, si les impôts pour les pauvres pèsent particuliè 
rement sur l’agriculture, ils seront payés, partie par ceux qui enp 
ploient les capitaux et qui en retireront moins de profits, et partie 
par le consommateur des produits de la terre, qui les paiera plus cher. 
Dans un tel état de choses, l’impôt peut, dans certaines circonstances, 
devenir même avantageux aux propriétaires, au lieu de leur être nui 
sible ; car, si l’impôt payé par les cultivateurs des terres de la plus 
mauvaise qualité, est plus fort, relativement à la quantité du pro 
duit obtenu, que l’impôt payé par les fermiers des terres les plus fer 
tiles, la hausse dans le prix du blé, qui doit s’étendre à tous les blés, 
fera plus qu’indemniser ces derniers fermiers du montant de l’im 
pôt. Ils conserveront cet avantage pendant tout le temps que dure 
ront leurs baux ; mais, à leur expiration, il passera aux propriétaires. 
Voilà quel serait l’effet de la taxe des pauvres dans un état de 
prospérité croissante de la société j mais dans un état stationnaire 
ou rétrograde, s’il était impossible de retirer les capitaux employés 
à la culture des terres, dans le cas où l’on augmenterait le taux de 
l’impôt, la partie qui tomberait sur l’agriculture serait payée, pen-
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.